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Importer des cosmétiques de Chine : préparer la vente
Pour importer des cosmétiques de Chine, identifiez qui assume les obligations du produit dans l’Union : c’est la personne responsable. Faites évaluer sa sécurité, préparez son dossier, son étiquette et sa notification au portail européen CPNP avant la vente. Par défaut, ce rôle revient à l’importateur. Un accord écrit peut le confier à une autre personne établie dans l’Union, qui l’accepte par écrit.
Sommaire · 6 sections
Importer des cosmétiques de Chine pour les vendre en France demande de préparer le produit, ses preuves de sécurité et son suivi. Le prix du pot et la qualité d'un échantillon ne suffisent pas à décider d'une commande.
Commencez par une référence précisément définie : vous pourrez ensuite mesurer le travail nécessaire, comparer les fournisseurs et chiffrer votre lancement.
Qualifier le produit et attribuer les responsabilités
Vérifier ce que vous allez réellement vendre
La définition européenne combine trois critères : une substance ou un mélange, une application sur les parties du corps prévues par le règlement, et une fonction principalement cosmétique. Nettoyer, parfumer ou modifier l'apparence en font notamment partie. La présentation, les usages et les promesses comptent donc avec la composition.
Une crème pour le visage entre dans ce raisonnement. Une perruque ou des faux cils sont des articles, pas des mélanges cosmétiques. Une colle destinée uniquement à fixer des faux cils n'est pas automatiquement un cosmétique non plus : sa fonction doit être examinée. Le manuel européen des produits frontières donne des orientations, sans remplacer l'examen du cas.
Écrivez dès le départ la zone d'application, les utilisateurs visés, la fréquence et les effets annoncés. Si le classement du produit est incertain, faites-le examiner avant de commander un dossier.
Identifier la personne responsable dans l'Union
Pour un cosmétique importé, chaque importateur est par défaut la personne responsable du produit qu'il met sur le marché. L'importateur peut désigner une autre personne établie dans l'Union, par un mandat écrit accepté par écrit. Le prestataire proposé par l'usine doit donc entrer dans un accord clair.
La personne responsable, ou PR, veille au respect des obligations du produit. Faire fabriquer sous votre marque ne vous place pas hors de cette organisation. Le guide de la DGCCRF rappelle notamment les conséquences de la sous-traitance et du reconditionnement.
| Interlocuteur | Question à régler avec lui |
|---|---|
| Fabricant chinois | Qui fournit les données, signale et contrôle les changements et identifie les lots ? |
| Personne responsable | Qui organise le dossier, les notifications et le suivi réglementaire ? |
| Évaluateur de la sécurité | Qui examine les données et signe les conclusions pour cette formule ? |
Plusieurs entreprises peuvent remplir ces rôles. Demandez leurs noms, leurs coordonnées et ce que chacune fera. Un interlocuteur qui promet « nous nous occupons de tout » doit pouvoir expliquer ce que cela couvre pour votre référence.
Demander à l'usine des données liées au produit final
Une liste d'ingrédients destinée au consommateur ne donne pas toutes les informations nécessaires à l'évaluation. Le dossier technique doit permettre de connaître la formule et de relier les données au produit concerné.
Commencez par la formule : une version identifiée, avec les ingrédients et leurs quantités. Les références et les documents des matières premières doivent correspondre à cette formule.
Joignez le contenant final, un échantillon, les usages prévus et les résultats déjà disponibles. Demandez aussi où et comment le produit est fabriqué, avec les documents sur les bonnes pratiques et l’identification des lots.
L’évaluateur de la sécurité précise les informations nécessaires pour examiner votre produit.
Organiser l'accès aux informations confidentielles
Demandez à qui le fabricant accepte de transmettre les concentrations et les données sensibles. Vous pouvez prévoir un accord de confidentialité avec les intervenants concernés. Vérifiez cependant que les informations nécessaires resteront accessibles à la personne responsable et à l'évaluateur.
Fixez une version de référence. Une crème « identique sauf le parfum » doit être présentée avec ce changement, pas envoyée sous le dossier d'une ancienne formule. Faites également préciser comment vous serez informé d'un remplacement de matière première ou de contenant.
Les résultats de stabilité et de microbiologie doivent correspondre au produit examiné. Un challenge test vérifie si le produit est bien protégé contre le développement de microbes. Sa nécessité dépend du produit ; une absence doit être justifiée scientifiquement. Il faut aussi examiner ce qui peut se passer entre la formule et son contenant.
Vérifier les bonnes pratiques de fabrication
Les bonnes pratiques de fabrication, ou BPF, sont obligatoires. Le respect de la norme reconnue EN ISO 22716:2007 permet de présumer que ces bonnes pratiques sont respectées. L'article 8 n'impose pas une certification par un tiers.
Le résumé de la norme couvre la production, le contrôle, le stockage et l'expédition des cosmétiques. Il ne faut pas en faire une certification de toutes les dimensions de l'entreprise.
Si un certificat vous est transmis, vérifiez le site, les activités, l’organisme qui l’a établi et ses dates de validité. Demandez ensuite comment les pratiques se retrouvent dans la production de votre lot. Une fiche de sécurité, un certificat d'analyse ou un certificat BPF peut apporter une information utile ; aucun ne constitue seul le dossier complet du cosmétique.
Faire évaluer la sécurité et constituer le DIP
Le dossier d'information sur le produit, ou DIP, rassemble les éléments permettant d'identifier et de documenter le cosmétique. Il comprend notamment son rapport de sécurité, la méthode de fabrication, les éléments BPF et les preuves des effets annoncés au client.
Comprendre ce que signe l'évaluateur
Le rapport de sécurité est aussi appelé CPSR, d'après son nom anglais. Sa partie A rassemble les données ; sa partie B expose l'évaluation, ses conclusions et les précautions nécessaires. Un rapport peut conclure que le produit ne doit pas être commercialisé : lisez la conclusion, pas seulement la page de signature.
Dans une enquête publiée en février 2026, la DGCCRF décrit une entreprise ayant vendu sans lire l'avis défavorable figurant dans son rapport en anglais. L'enquête portait sur 147 entreprises, principalement de petites entreprises récentes : le rapport était absent ou incomplet chez près de la moitié des sociétés contrôlées. Ce résultat ciblé ne mesure pas tous les cosmétiques chinois.
Un rapport fourni par l'usine peut-il être valable ?
Oui, sous réserve de son contenu et de son signataire. Les qualifications admises comprennent notamment pharmacie, toxicologie, médecine ou discipline analogue. Une formation obtenue dans un pays tiers doit être reconnue équivalente par un État membre. Demandez le diplôme et, si nécessaire, la preuve d'équivalence : le lieu du laboratoire ne tranche pas à lui seul la question.
Vérifiez que le rapport décrit votre formule, votre contenant, le public visé et les usages annoncés. Un rapport valable pour une autre référence ne répond pas automatiquement à votre projet.
Prévoir un dossier utilisable dans la durée
Le DIP doit rester accessible aux autorités à l'adresse de la PR indiquée sur l'étiquette. Sa conservation court pendant dix ans après la mise sur le marché du dernier lot. Il doit être actualisé lorsque nécessaire.
Demandez au prestataire comment récupérer les documents si le contrat s'arrête. Identifiez les frais et responsabilités de mise à jour. Conservez aussi les échanges approuvant les versions : formule, contenant, précautions et texte commercial doivent pouvoir être rapprochés.
Pour chaque promesse, formulez une question vérifiable. Que signifie « hydratation longue durée » dans votre projet ? À quel usage et à quel public les données correspondent-elles ? Faites examiner ces formulations avant de les imprimer. Une allégation est une affirmation sur les caractéristiques ou les effets du produit ; elle doit disposer de preuves adaptées.
Préparer l'étiquette et notifier au CPNP
Faire relire l'ensemble récipient et emballage
Les mentions à vérifier comprennent l'identité de la PR, l'origine pour un produit importé, la quantité, les précautions, le lot, la fonction et les ingrédients. La liste utilise les dénominations communes, généralement désignées par le sigle INCI. Les mentions destinées au marché français doivent respecter les règles de langue applicables.
La durée de conservation détermine la mention à prévoir. Si elle ne dépasse pas 30 mois, indiquez la date de durabilité minimale. Au-delà, indiquez la durée d’utilisation après ouverture, sauf si elle n’a pas de sens pour ce produit. Des règles particulières existent pour les petits emballages et certaines mentions.
Faites examiner le fichier d'impression puis un exemplaire à taille réelle. Vérifiez la lisibilité, l'emplacement du numéro de lot et les informations figurant sur le récipient lorsque l'emballage extérieur est retiré. Une liste correcte dans un courriel ne prouve pas que le produit livré porte la bonne étiquette.
Sur votre boutique en ligne, donnez accès à la liste INCI et aux caractéristiques essentielles, notamment fonction, quantité et précautions. La DGCCRF accepte notamment une reproduction textuelle ou une photographie réellement lisible. Tenez ces informations à jour.
Distinguer notification et autorisation
Le CPNP est le portail européen de notification des cosmétiques. Son utilisation est gratuite ; la notification européenne évite une nouvelle notification nationale du produit dans chaque pays de l'Union. Un prestataire peut vous facturer son travail d’accompagnement.
Une référence CPNP n'est pas une autorisation de mise sur le marché. Le portail n'est pas non plus un annuaire public permettant au client de contrôler n'importe quel numéro. Demandez à la PR les éléments correspondant à votre produit et à votre organisation d'importation.
Prévoyez la notification avant la mise sur le marché et la transmission des éléments d'étiquetage correspondants. Faites confirmer qui effectue les mises à jour en cas de changement de nom, de présentation ou d'autres informations.
Les nanomatériaux peuvent entraîner une notification supplémentaire six mois avant la mise sur le marché. L'article 16 prévoit des exceptions : ce délai ne s'applique pas indistinctement à tout ingrédient portant la mention « nano ».
Chiffrer le lancement avec les bonnes échéances
Comparer le coût d'une référence complète
Demandez un devis séparant le produit, le contenant, les essais nécessaires, l'évaluation, le DIP, la mission de PR éventuelle et les mises à jour. Ajoutez l'impression, les contrôles du lot, le transport et les formalités.
Faites préciser ce qui est inclus lorsqu'une offre annonce « dossier complet ». Les essais sont-ils déjà disponibles et exploitables ? Combien de versions seront examinées ? Un changement de parfum ou de teinte entraîne-t-il un nouveau travail ? Qui prend en charge les échanges avec l'usine ?
Le délai annoncé pour rédiger le rapport peut commencer seulement à réception des données complètes. Construisez donc votre calendrier en tenant compte des informations à recevoir avant chaque étape :
Définir la référence
Produit, formule, usage, contenant et acteurs identifiés.
Vérifier les données et traiter les corrections
Données examinées, essais nécessaires disponibles, conclusions et corrections traitées.
Préparer la commercialisation
Dossier, étiquetage, notification et suivi organisés pour le produit final.
Évitez d'annoncer une date de vente tant qu'un résultat ou une correction peut encore modifier le produit. Le fournisseur, l'évaluateur et l'imprimeur doivent travailler sur la même version.
Relire la formule à la date du lancement
Au 15 septembre 2026, plusieurs changements sont déjà applicables. Le TPO, utilisé notamment dans des produits pour ongles artificiels, est interdit depuis le 1er septembre 2025, sans délai d'écoulement des stocks pour les professionnels. Un ancien achat ne permet pas de continuer à le proposer.
Le règlement 2026/78, applicable depuis le 1er mai 2026, modifie aussi des interdictions et restrictions de substances. Faites vérifier la formule actuelle ; un dossier constitué avant cette date peut demander une révision.
Pour les allergènes parfumants concernés par le règlement 2023/1545, la transition de mise sur le marché a pris fin le 31 juillet 2026. La mise à disposition transitoire jusqu'au 31 juillet 2028 concerne les produits répondant à ses conditions. Elle n'autorise pas à lancer aujourd'hui un nouveau lot avec un étiquetage devenu insuffisant.
La mise sur le marché correspond à la première mise à disposition dans l'Union. Distinguez cette opération de la date de fabrication ou de départ du bateau et conservez les justificatifs utiles.
Les prochaines dates ne couvrent pas tous les ingrédients
Le règlement 2026/909 prévoit notamment, pour les produits concernés contenant du Triphenyl Phosphate et non conformes, une fin de mise sur le marché au 1er janvier 2027, puis de mise à disposition au 1er juillet 2028. Ses autres modifications ont des conditions et parfois des dates différentes. N'appliquez pas cette transition à toute la formule.
Préparer la livraison et le suivi après la vente
Relier le lot aux documents examinés
La douane rappelle que les cosmétiques importés doivent respecter la réglementation européenne et peuvent faire l'objet de contrôles. Organisez l'accès aux documents avec la PR et le représentant en douane avant le départ.
Faites correspondre les références de la facture, des cartons, des lots et des étiquettes. Précisez les conditions de stockage et de transport retenues pour préserver le produit. Demandez comment traiter une fuite, une exposition à des conditions inhabituelles ou une différence de formule constatée.
Si vous fabriquez ou conditionnez des cosmétiques en France, même comme activité secondaire, l'établissement doit être déclaré à la DGCCRF. La seule activité d'importation n'est pas l'activité visée par cette déclaration. Examinez séparément vos opérations si vous remplissez ou reconditionnez les produits.
Organiser les réclamations et les mises à jour
Depuis 2024, la DGCCRF assure le contrôle des produits et établissements cosmétiques ; l'Anses prend en charge la cosmétovigilance, c'est-à-dire le suivi des effets indésirables. Les PR et distributeurs doivent signaler sans délai les effets indésirables graves selon les règles applicables.
Prévoyez un interlocuteur, un moyen de retrouver le lot et une procédure de transmission à la PR. Les problèmes signalés après la vente doivent permettre de réexaminer le produit et de prendre les mesures nécessaires.
Avant la mise sur le marché
Vous pouvez alors comparer les fournisseurs sur leur capacité à produire le produit décrit et à fournir les documents correspondants. Pour une première gamme, commencez par chiffrer ce travail sur un produit précis avant de multiplier les variantes.
Un point à éclaircir ?
Questions fréquentes
Qui est la personne responsable d'un cosmétique importé ?
Chaque importateur est par défaut la personne responsable du produit qu'il met sur le marché. Il peut désigner une autre personne établie dans l'Union, par un mandat écrit qu'elle accepte par écrit. Vérifiez que cet accord couvre bien votre produit.
L'usine chinoise peut-elle fournir le rapport de sécurité ?
Oui, mais vérifiez son contenu, la référence couverte et les qualifications de l'évaluateur. Une formation obtenue dans un pays tiers doit être reconnue équivalente par un État membre. Le rapport doit correspondre à votre formule, votre contenant et vos usages.
La notification CPNP est-elle payante ?
L'utilisation du portail européen est gratuite. Un prestataire peut facturer son travail de préparation ou d'accompagnement. Demandez que le devis distingue cette mission des essais, du rapport de sécurité et de la tenue du dossier.
Faut-il un challenge test pour chaque cosmétique ?
Les essais dépendent du produit et de son risque microbiologique. L'évaluateur doit examiner les données nécessaires. Une absence de challenge test doit être justifiée scientifiquement ; une promesse commerciale de l'usine ne suffit pas.
Un numéro CPNP autorise-t-il la vente ?
Non. C'est une notification, pas une autorisation de mise sur le marché. Les obligations de sécurité, de dossier, d'étiquetage et de suivi doivent aussi être respectées. Un numéro transmis par un fournisseur doit être rapproché de votre produit et de la personne responsable concernée.
