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Importer du Vietnam en France : fournisseur, douane et transport
Pour importer du Vietnam en France, vérifiez le fournisseur, le produit et son coût jusqu’à votre adresse. L’accord commercial UE–Vietnam peut réduire les droits de douane si les règles d’origine sont respectées et justifiées. Une facture vietnamienne ne suffit pas. Préparez aussi les contrôles, le paiement et les formalités de douane avant l’expédition.
Sommaire · 9 sections
Une offre vietnamienne devient comparable quand vous savez qui fabrique, avec quelles matières, sous quelles conditions et pour quel coût livré. Le pays du vendeur vous donne un point de départ. Il reste à vérifier la commande elle-même.
Trouver un fournisseur qui peut réaliser votre produit
Préparez une fiche identique pour chaque candidat : fonction du produit, matière, dimensions, finition, quantités par variante et marché de vente. Ajoutez un dessin ou une référence clairement décrite. Demandez ce qui est disponible sur catalogue et ce qui nécessite un développement.
La CCI France Vietnam propose notamment de la prospection et de la recherche de fournisseurs. C’est une piste pour organiser la recherche ; demandez ce que vous recevrez, ce qui sera vérifié et à quel prix. Une mise en relation ne vaut pas validation du fabricant.
Pour chaque offre retenue, obtenez :
- le nom légal et l’immatriculation du vendeur, ainsi que l’identité du bénéficiaire du paiement ;
- le nom et l’adresse de l’usine qui fabriquera votre référence ;
- les opérations réalisées sur place et celles confiées à d’autres entreprises ;
- la quantité minimale par modèle, couleur et taille, avec le coût de l’échantillon ;
- le délai de préparation de cet échantillon, puis celui de la série après validation.
La quantité minimale demandée par une usine ne vaut pas pour toutes les autres. Pour comparer le pays à une autre destination, utilisez votre produit et vos devis : prix, qualité attendue, contrôle, acheminement et documents disponibles.
L’origine vietnamienne dépend de la fabrication
L’origine préférentielle est celle qui permet de demander l’avantage tarifaire de l’accord. Elle suit des règles propres au produit. Des matières venant d’un autre pays peuvent être utilisées si les conditions de transformation sont remplies. Leur présence ne rend donc pas automatiquement le produit admissible ou inadmissible.
Commencez par le code douanier, le classement du produit utilisé pour trouver ces règles. Demandez ensuite au fournisseur les matières employées, leur provenance et les étapes de fabrication. Faites vérifier cet ensemble avant de retenir le tarif préférentiel dans votre budget.
Pour certains vêtements, la règle exige notamment un tissage ou un tricotage accompagné de confection. Acheter du tissu déjà fabriqué puis le couper et le coudre au Vietnam ne suffit donc pas nécessairement. Il faut examiner le code précis et les possibilités prévues par l’accord.
Un carton changé au Vietnam ne change pas l’origine
Le protocole de l’accord considère notamment le simple emballage, l’apposition d’étiquettes et l’assemblage simple comme des opérations insuffisantes pour conférer l’origine. Un produit fini importé puis simplement remis en carton au Vietnam ne devient pas préférentiel par cette opération.
Dans votre dossier, distinguez donc l’adresse du vendeur, le pays d’expédition et les éléments qui justifient la fabrication. Un document commercial portant « Vietnam » ne répond pas aux trois questions.
Droits de douane : calculer l’avantage de l’EVFTA
L’accord UE–Vietnam, appelé EVFTA, s’applique depuis le 1er août 2020. Il prévoit des réductions selon les produits et leur calendrier. Le tarif à utiliser dépend aussi de l’origine justifiée et des conditions de la préférence.
La catégorie B7, par exemple, prévoit huit baisses annuelles : la première à l’entrée en vigueur, puis les suivantes au 1er janvier. Sa dernière étape tombe donc au 1er janvier 2027. Cela ne signifie pas que tout produit expédié du Vietnam entre sans droit : vérifiez la ligne tarifaire, les éventuels contingents — des quantités bénéficiant d’un tarif donné — et les autres mesures applicables.
Faites chiffrer le scénario correspondant aux preuves que vous pourrez fournir. Si le fournisseur promet « zéro droit » sans pouvoir expliquer la règle d’origine, la question reste ouverte avant l’acompte.
EUR.1 ou déclaration : obtenir la bonne preuve
La preuve accompagne une origine qui doit être justifiable. Elle ne remplace pas la vérification des matières et de la fabrication. Pour les envois commerciaux du Vietnam vers l’UE, préparez le document suivant.
| Valeur des produits originaires | Preuve à préparer |
|---|---|
| Jusqu’à 6 000 € inclus | Déclaration d’origine conforme établie par l’exportateur sur une facture ou un autre document commercial identifiant les produits. Un certificat EUR.1 reste également possible. |
| Au-delà de 6 000 € | Certificat EUR.1 délivré par une autorité vietnamienne habilitée, tant que le régime d’autocertification correspondant n’a pas été notifié à l’UE. |
Situation vérifiée au 15 septembre 2026. Le seuil porte sur la valeur des produits originaires contenus dans l’envoi.
Access2Markets indique que le Vietnam n’a pas encore notifié ce régime d’autocertification. Ne transposez pas à l’EVFTA une procédure REX utilisée dans un autre cadre.
La circulaire vietnamienne 14/2026/TT-BCT, applicable depuis le 10 mai 2026, prévoit des autorités de délivrance au niveau du ministère et des autorités provinciales. Demandez au fournisseur un EUR.1 émis par une autorité vietnamienne habilitée.
Pour la déclaration, utilisez le texte prévu par l’accord et prévoyez la signature manuscrite de l’exportateur. Une simple mention « Made in Vietnam » est insuffisante. La validité normale d’une preuve est de douze mois ; sa présentation doit respecter les règles douanières. Faites contrôler le document et son délai avant le dépôt de la déclaration d’importation.
Convenez que le fournisseur prépare ces pièces et que la personne chargée des formalités douanières les vérifie. Faites rapprocher références, quantités et facture avant le départ.
Contrôler l’usine, le lot et la conformité
Ces trois contrôles répondent à des questions différentes :
- L’audit du fournisseur examine le site, les moyens de production et son organisation au regard de votre besoin.
- L’inspection du lot vérifie les marchandises selon un protocole défini : références, dimensions, aspect, fonctionnement, quantités ou emballages.
- Les essais et documents de conformité répondent aux exigences du produit et de son usage sur le marché visé.
Définissez des critères observables avant la production. Pour un vêtement, « bonne qualité » ne remplace pas un tableau de mesures, les écarts acceptés, une composition et des points de contrôle des coutures. Identifiez l’échantillon validé et faites reprendre sa référence dans la commande.
En tant qu’importateur dans l’UE, vous devez vérifier que le fabricant a rempli ses obligations applicables : évaluation de conformité, documentation, traçabilité et informations accompagnant le produit, notamment. Un rapport relatif à un autre modèle ne démontre pas la conformité du vôtre.
Le marquage CE ne concerne pas tous les produits et n’indique pas leur origine. Déterminez d’abord les règles correspondant à votre référence et à son usage. Ne demandez pas un « certificat CE » générique pour clore tous les contrôles.
Fixez par écrit ce qui se passe en cas d’écart : correction, nouveau contrôle, report d’expédition ou autre solution convenue. Une inspection ne garantit pas l’absence de tout défaut ; vous devez savoir ce qu’elle couvre avant de décider du paiement.
Protéger le nom et les fichiers de votre produit
Une marque française ne donne pas automatiquement une protection au Vietnam. L’INPI rappelle notamment l’importance du dépôt et de la recherche de disponibilité dans ce pays. Faites examiner le nom avant d’envoyer les fichiers de marquage ou de financer les emballages.
Distinguez la marque, qui identifie l’offre, le dessin ou modèle, qui concerne l’apparence, et le brevet, qui protège une invention technique sous conditions. Ce ne sont pas trois noms pour une même formalité. La stratégie et les territoires à couvrir dépendent de votre création et de sa commercialisation.
Dans la relation fournisseur, précisez les droits sur les fichiers, les moules et les modifications, les usages autorisés ainsi que les conditions de restitution. Un engagement de confidentialité peut compléter ces dispositions. Il ne remplace pas la vérification des droits et des protections nécessaires.
Organiser le paiement avant de lancer la série
Négociez les échéances à partir de votre commande : échantillon, lancement, contrôle du lot et expédition. Il n’existe pas de pourcentage d’acompte qui sécurise à lui seul une première opération. Demandez ce qui déclenche chaque versement et quels documents vous recevrez.
Comparez la devise, le coût total du paiement, les frais intermédiaires éventuels et le montant attendu par le vendeur. Le destinataire du paiement doit correspondre aux entreprises et aux rôles indiqués dans votre contrat ; si une autre société encaisse, faites expliquer et documenter ce rôle.
Un changement de coordonnées bancaires exige une vérification indépendante. La DGCCRF décrit des fraudes où un fournisseur est usurpé pour demander un paiement sur un nouveau compte. Recontactez votre interlocuteur par un canal déjà connu avant de modifier les instructions, sans vous fier au numéro indiqué dans le message de changement.
Avant de payer définitivement le solde, réglez les questions encore sans réponse sur la commande, le destinataire du paiement ou les documents d’origine. Le calendrier de paiement doit être cohérent avec les contrôles que vous avez négociés.
Choisir un transitaire et comparer le coût livré
Un transitaire organise des opérations de transport selon la mission confiée. Faites préciser qui réserve le fret, coordonne les intervenants, prépare les formalités et effectue la déclaration en douane. Ces tâches ne sont pas automatiquement toutes comprises dans le prix affiché.
Pour recevoir des devis comparables, transmettez les adresses d’enlèvement et de livraison en France, la date de disponibilité, le nombre de colis, leurs dimensions et leurs poids. Signalez les batteries, liquides ou autres caractéristiques susceptibles de modifier les conditions de transport. Ajoutez l’Incoterm du contrat de vente, avec le lieu précis auquel il s’applique. Cette règle répartit notamment les frais et les risques liés à l’acheminement entre vendeur et acheteur.
Demandez un détail des postes :
- enlèvement et frais au départ du Vietnam ;
- transport principal et éventuel passage par un autre port ;
- frais à l’arrivée, formalités et livraison finale ;
- assurance proposée, garanties, exclusions et franchise ;
- droits et TVA, avec les hypothèses retenues ;
- frais possibles en cas d’attente, de stockage ou de modification.
Un devis « port à port » ne couvre pas le même trajet qu’une livraison à votre entrepôt. Faites préciser la durée de validité du prix et distinguer délai annoncé, date de départ prévue et éventuelle correspondance. Un transit par un pays tiers ne supprime pas automatiquement la préférence EVFTA ; les conditions de non-altération doivent être respectées et pouvoir être justifiées lorsque nécessaire. Elles encadrent notamment les opérations possibles pendant le transit.
Rapprochez facture, liste de colisage — le détail des colis —, document de transport et preuve d’origine. Prévoyez aussi les pièces particulières au produit. N’ajoutez pas deux fois une prestation déjà comprise dans le prix fournisseur ; ne comptez pas comme nulle une dépense encore inconnue.
Avant la première commande : quatre points de passage
Vérifier le vendeur et la fabrication
Identité, site, opérations, quantités et échantillon : chaque réponse doit porter sur votre référence.
Vérifier l’origine et la conformité
Code produit, matières, règle EVFTA, preuve disponible et exigences européennes à traiter avant la série.
Fixer le contrôle et le paiement
Critères acceptés, moment du contrôle, traitement des écarts, bénéficiaire et déclenchement des versements.
Chiffrer le trajet complet
Devis de transport comparable, frais à destination, formalités et documents vérifiés avant l’expédition.
La bonne décision peut être de poursuivre, de faire corriger un point ou de chercher un autre fournisseur. Pour décider, appuyez-vous sur les informations et documents de la commande, son coût jusqu’en France et les conditions de la réduction douanière demandée.
Un point à éclaircir ?
Questions fréquentes
Quels droits de douane paie-t-on sur une importation du Vietnam ?
Le taux dépend du code du produit, de son origine et de la date d’importation. L’EVFTA peut donner un tarif préférentiel sous conditions d’origine et de preuve. Il faut aussi vérifier les éventuels contingents et mesures particulières. Un droit nul ne supprime ni la TVA applicable ni les frais de transport et de dédouanement.
Quel document demander au fournisseur pour l’EVFTA ?
Pour un envoi dont les produits originaires ne dépassent pas 6 000 €, une déclaration d’origine conforme établie par l’exportateur ou un EUR.1 peut convenir. Au-delà, prévoyez un EUR.1 délivré par une autorité vietnamienne habilitée, tant que le régime vietnamien d’autocertification au-delà du seuil n’est pas notifié à l’UE.
Un produit contenant des composants chinois peut-il bénéficier de l’accord ?
C’est possible si la fabrication satisfait la règle d’origine applicable au produit. La présence d’une matière chinoise ne suffit pas à conclure dans un sens ou dans l’autre. Il faut connaître les matières et les opérations réalisées. Un simple emballage, un changement d’étiquette ou un assemblage simple ne confère pas l’origine préférentielle.
Comment choisir un transitaire au Vietnam ?
Faites chiffrer le même trajet et les mêmes prestations à partir des adresses, du poids, du volume, de l’emballage et de la date de disponibilité. Vérifiez les frais au départ et à l’arrivée, les formalités, la livraison finale et les exclusions. Demandez qui coordonne les intervenants et qui effectue la déclaration en douane.
Faut-il inspecter la marchandise avant le solde ?
Prévoyez dans la commande le contrôle à effectuer, son moment et les conséquences d’un écart avant d’accepter le calendrier de paiement. Une inspection du lot peut vérifier les critères convenus ; elle ne remplace ni l’audit de l’usine, ni les essais de conformité nécessaires au produit.
Une marque française protège-t-elle aussi au Vietnam ?
La protection d’une marque est territoriale. Faites vérifier la disponibilité du nom et la protection nécessaire au Vietnam avant de transmettre les fichiers ou de lancer les emballages. Le nom, l’apparence du produit et une invention technique relèvent de droits différents. Un contrat de confidentialité ne remplace pas cette analyse.
