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Pièces auto et moto de Chine : vérifiez la référence livrée
Pour importer des pièces auto ou moto de Chine, vérifiez trois correspondances : la pièce avec le véhicule, ses documents avec la référence commandée, puis le lot livré avec le modèle validé. L’homologation dépend de la famille de produit. Une photo de marquage ou une promesse de compatibilité ne suffit pas à retrouver le fabricant et le lot, ni à vérifier les droits de marque.
Sommaire · 5 sections
La pièce et son véhicule #
Un site chinois de pièces auto permet de repérer des offres. Pour un garage ou un revendeur qui veut importer, le travail commence lorsque le vendeur doit répondre sur une référence précise. Un catalogue « toutes marques, tous modèles » ne dit pas encore quelles pièces conviendront aux véhicules de vos clients.
Préparez une fiche par pièce : véhicule, année ou période de fabrication, motorisation, emplacement et version d’équipement. Joignez les références relevées sur la pièce déposée et la documentation disponible. Sur une moto, précisez notamment la variante exacte et le montage avant ou arrière lorsque cela compte. Un nom de modèle sans sa version peut laisser plusieurs montages possibles.
Demandez au fournisseur une correspondance écrite, accompagnée d’un dessin avec les mesures et des caractéristiques utiles. Pour une pièce électrique, ajoutez le connecteur, son brochage — le rôle de chaque broche — et les caractéristiques d’alimentation. Pour une pièce mécanique, choisissez avec le professionnel qui la montera les dimensions et les tolérances à contrôler, c’est-à-dire les écarts de mesure acceptables.
Des trous alignés ne suffisent pas
Voir en grand Dans cet exemple fictif, deux supports présentent le même entraxe : la distance entre les centres de leurs trous est identique. Supposons aussi que le diamètre des trous et les autres dimensions permettent de les fixer au même endroit. Leurs matériaux ou leur épaisseur peuvent pourtant différer. La superposition permet de repérer certains écarts de forme ; elle ne prouve pas la résistance en service. Faites définir les essais nécessaires à la fonction de la pièce.
Cette fiche vous sert aussi à comparer les devis. Faites indiquer le fabricant réel et la référence proposée sur chaque ligne. Si le vendeur change d’usine, de matière ou de version, demandez une nouvelle validation avant production. Un prix réduit perd son intérêt si la pièce de remplacement ne répond plus à votre besoin.
Les règles selon la pièce #
La réception par type, couramment appelée homologation, porte sur un type de véhicule ou de composant défini. Pour les composants relevant de 2018/858, le texte exige la marque prévue par les règles applicables ; lorsqu’aucune marque de réception n’est requise, il prévoit notamment les informations qui permettent de retrouver le fabricant et le type de pièce. L’absence d’un symbole unique ne permet donc pas, à elle seule, de conclure.
Les voitures, utilitaires et leurs remorques relèvent d’un cadre distinct des motos et cyclomoteurs, qui appartiennent à la catégorie L. Les obligations de vérification de l’importateur existent dans les deux cadres. Commencez par identifier le produit, le véhicule et l’usage routier envisagé.
| Famille | Point de départ |
|---|---|
| Plaquettes, disques et tambours | Règlement ONU 90 selon le produit et le véhicule ; exclusions, notamment pour les pièces d’origine. |
| Projecteurs routiers | Homologation adaptée à la fonction, notamment ONU 149 ; vérifier le sens de circulation. |
| Vitrages automobiles | Règlement ONU 43 ; identifier le vitrage et son application sur le véhicule. |
| Pneus automobiles | ONU 30 ou 54 selon la classe ; exigences ONU 117 dans leur champ. |
| Pneus moto et cyclomoteur | ONU 75 dans son champ ; dimensions, charge, vitesse et usage doivent correspondre. |
Repères pour demander le dossier. Les produits visés, les exceptions et la version des règles applicable doivent être confirmés pour la référence et la date concernées.
Ces repères viennent des règlements de famille et du cadre européen de réception. Ils ne constituent pas une liste exhaustive des documents à fournir pour tout produit.
Le règlement 90 ne couvre pas indistinctement tout ce qui freine : ses dispositions visent les produits définis dans son champ, avec des exclusions pour les pièces d’origine et certaines pièces spéciales. Un dossier de plaquettes ne valide donc pas automatiquement un étrier, un flexible ou un autre disque du catalogue.
De même, un pneu prévu exclusivement pour le tout-terrain, marqué NHS, n’est pas rendu utilisable sur route par sa ressemblance avec un pneu routier. Le règlement 75 exclut notamment ces pneus et ceux conçus exclusivement pour la compétition.
Le casque de moto suit un régime distinct
Les équipements protégeant la tête, le visage et les yeux couverts par le règlement ONU 22 sont exclus du règlement européen sur les équipements de protection individuelle. Pour un casque de moto, un document CE d’EPI ne remplace donc pas le dossier d’homologation approprié. Cette exclusion ne s’étend pas à tous les équipements portés par le motard. Faites préciser le modèle, les tailles, la configuration et la série d’homologation du casque proposé.
Comparer documents et échantillon #
Demandez le document d’homologation lorsqu’il est requis, avec ses annexes utiles. Un rapport d’essai décrit des essais et leurs résultats ; il ne faut pas le confondre avec la décision d’homologation. Pour les produits réceptionnés par type, l’importateur doit vérifier le dossier et la marque exigés par le cadre applicable.
Le document et ses annexes doivent couvrir le fabricant, le type, la version et le montage prévus dans votre offre. Faites aussi écrire que les pièces de la commande conserveront les caractéristiques et les identifiants de l’échantillon accepté.
Sur un projecteur relevant d’ONU 149, le marquage peut notamment prendre la forme d’un identifiant unique ou de la marque d’homologation prévue par le texte. Lorsque la lettre E entourée figure avec un numéro de pays, ce numéro désigne le pays qui a accordé l’homologation. Il ne désigne pas le pays de fabrication. Les fonctions et symboles complémentaires comptent également.
Une image envoyée par le commercial peut montrer un autre modèle. Demandez des photos de l’exemplaire proposé, puis rapprochez-les de l’échantillon reçu. Si le dossier comporte une référence différente ou une annexe manquante, faites confirmer les modèles qu’il couvre par l’autorité qui a accordé l’homologation ou par un service technique compétent avant de vous engager.
Prévoyez les contrôles avec un professionnel capable d’examiner la pièce et son montage. La réception d’un échantillon ne dispense pas de contrôler la série. Conservez un exemplaire de référence identifié, les mesures retenues et les critères de refus : le contrôleur pourra comparer autre chose qu’une photographie commerciale.
Compatibilité et droits de marque #
La mention « compatible avec » répond à une question de montage. Elle ne donne pas, à elle seule, le droit de reprendre un logo, un emballage ou une forme protégée. La contrefaçon peut concerner une marque, mais aussi un brevet, un dessin ou un modèle. Une pièce sans logo n’est donc pas automatiquement libre de tout droit.
Le mécanisme peut commencer simplement : vous demandez une pièce de rechange indépendante, le vendeur propose une boîte « comme l’originale », puis ajoute les signes de la marque sur le produit ou son emballage. Faites approuver la pièce, les inscriptions et l’emballage avant production. Exigez les justificatifs de droits lorsque l’offre utilise des éléments protégés.
Un certificat technique ne répond pas à cette question commerciale et juridique. La Douane peut saisir des marchandises contrefaisantes ; les sanctions comprennent leur confiscation. Payer les droits d’importation ou disposer d’une facture fournisseur ne rend pas une contrefaçon légale.
Écrivez clairement la nature de l’achat : pièce d’origine justifiée ou pièce indépendante destinée aux applications indiquées. Faites examiner les droits pertinents en cas de doute, notamment sur une pièce de carrosserie visible. Évitez de transformer une promesse de réparation en autorisation générale de reproduire un modèle.
Que faire en cas de défaut ? #
Votre commande doit prévoir davantage qu’un remplacement gratuit. Demandez qui examine le défaut, quelles preuves transmettre, qui supporte le retour, sous quel délai une réponse arrive et comment sont pris en charge les frais convenus de démontage ou de remplacement. Ce sont des points à négocier et à écrire, pas des prestations automatiquement incluses dans le prix.
Prévoyez également des références qui permettent de retrouver les pièces et leurs lots après ouverture des cartons. Les règlements auto et moto imposent à l’importateur d’indiquer son nom et son adresse sur le produit ou, lorsque ce n’est pas possible, sur l’emballage ou un document d’accompagnement. Le suivi ne peut donc pas se limiter au nom de la plateforme où vous avez acheté.
À la réception
Rapprocher référence, lot, quantités et documents. Isoler les produits dont l’identification ou les contrôles ne correspondent pas.
À la distribution
Conserver le lien entre chaque lot et ses destinataires professionnels, même après reconditionnement.
À la réclamation
Identifier la pièce et le lot, préserver les éléments utiles au diagnostic et vérifier si d’autres exemplaires présentent le même défaut.
Un défaut de montage isolé et une non-conformité affectant un lot appellent des réponses différentes. Les cadres auto et moto prévoient des mesures correctives, un retrait ou un rappel selon la situation, ainsi que des signalements en présence d’un risque grave. Une discussion de remboursement avec le fournisseur ne remplace pas ces obligations.
Pour la première commande, choisissez un assortiment dont vous pouvez réellement vérifier les documents, contrôler les pièces et suivre les retours. Le bon prix est celui d’une pièce utilisable dont vous pouvez retrouver le fabricant et le lot, avec un traitement des défauts défini. Un catalogue plus large peut attendre que cette organisation fonctionne.
Un point à éclaircir ?
Questions fréquentes
Une référence OE dans l’annonce prouve-t-elle que la pièce est d’origine ?
Non. OE désigne l’équipement d’origine ; son numéro peut servir de référence de correspondance. Demandez au vendeur s’il propose une pièce d’origine ou une pièce de rechange indépendante, puis les justificatifs correspondants. Le numéro repris dans un catalogue ne prouve ni l’origine commerciale ni l’autorisation d’utiliser une marque.
Faut-il préférer une usine à un négociant ?
Le statut annoncé ne suffit pas à choisir. Une usine peut produire plusieurs références et un négociant peut regrouper plusieurs fabricants. Pour chaque ligne de commande, exigez l’identité du fabricant, les documents du produit et un accord écrit sur les changements de référence ou de fabricant. Comparez ensuite les conditions de contrôle et de traitement des défauts.
Peut-on mélanger plusieurs références dans une première commande ?
Oui si le fournisseur l’accepte, mais chaque référence doit conserver son dossier et son identification. Un petit lot mélangé devient difficile à contrôler lorsque les sachets n’indiquent ni référence ni lot. Faites détailler quantités, emballages et justificatifs par ligne, puis limitez le premier assortiment à ce que vous pouvez réellement vérifier.
