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Faire fabriquer ses chaussures en Chine
Pour choisir un fournisseur de chaussures en Chine, définissez votre modèle, ses matières, ses pointures et son usage. Faites chiffrer le développement, l'outillage, la série et la livraison, puis vérifiez comment la chaussure tient au pied et quels contrôles sont prévus. Pour une marque existante, vérifiez séparément la provenance et les droits d'importation et de revente : une relation avec une usine ne suffit pas.
Sommaire · 6 sections
Pour faire fabriquer vos chaussures en Chine, partez de votre modèle, des matières et de la façon dont la chaussure doit tenir au pied. Une photographie de basket et un prix par paire ne suffisent pas pour comparer les fournisseurs, préparer une première série et vérifier ce qui sera livré.
Pour revendre une marque existante, vérifiez aussi la provenance et les droits de commercialisation ; la section dédiée détaille ce cas.
Choisir une usine adaptée à votre chaussure
La Chine conserve une industrie importante : selon les données 2025 publiées par APICCAPS dans le World Footwear Yearbook 2026, elle produit environ 13,7 milliards de paires, soit 55,6 % de la production mondiale. Il s'agit de production, pas de la part de vos futures ventes ni d'une garantie de disponibilité chez un fournisseur.
Jinjiang, dans le Fujian, constitue un bassin à explorer. Le portail du gouvernement provincial décrit en mai 2026 un secteur local regroupant plus de 7 000 entreprises de la chaussure. Ce nombre inclut un ensemble industriel ; ce n'est pas une liste d'usines acceptant toutes les petites commandes.
Chercher un savoir-faire précis
Commencez par le type de construction : basket collée, chaussure vulcanisée — dont le caoutchouc est assemblé par un procédé à chaud —, modèle en cuir cousu, sandale ou chaussure destinée à un usage de protection. Demandez des réalisations comparables à votre projet, en précisant les différences de matière, de semelle et de pointure.
Une visite ou un échange vidéo doit vous aider à comprendre où se font les opérations et qui les maîtrise. Qui développe le patron ? Qui fournit la semelle ? Qui réalise le collage ou la couture ? Qui traite les corrections d'un prototype ? Distinguez ce que l'entreprise réalise de ce qu’elle confie à d’autres ateliers.
Demandez aussi comment vous échangerez avec l’usine : personne qui reçoit les modifications, langue du dossier, délai de retour annoncé, identification des versions et validation avant production. Un interlocuteur commercial réactif est utile ; il faut également que ses réponses puissent être confirmées par les responsables techniques.
Donner la priorité à l'ajustement au pied
SATRA souligne que la chaussure combine des matières et des procédés variés, avec moins de marge d’erreur dans les mesures que pour un vêtement. Elle doit aussi conserver sa forme en trois dimensions et résister aux efforts de la marche.
La forme est le volume autour duquel on construit la chaussure. Elle contribue au chaussant, c'est-à-dire à la manière dont le pied est maintenu et dispose d'espace. Une photo ne décrit ni la largeur à l'avant, ni le volume du cou-de-pied, ni le maintien du talon.
Demandez comment l'usine développe et vérifie ces éléments pour votre clientèle. Un modèle réussi pour un autre marché peut nécessiter des ajustements. Retenez un fournisseur capable de discuter de ces points avec des mesures et des échantillons.
Demander un devis qui couvre la première série
Il n'existe pas de prix unique d'une « chaussure chinoise ». Le fabricant Xindesheng explique, dans sa présentation commerciale du chiffrage, qu'une estimation sur photo reste différente d'un devis précis fondé sur les caractéristiques du produit. Il distingue notamment quatre groupes de coûts.
| Poste | Ce qu'il faut faire préciser |
|---|---|
| Développement | Patron, prototypes, ajustements et révisions incluses. |
| Outillage | Formes, moules et outils nécessaires aux pointures prévues. |
| Production | Matières, assemblage, contrôles et emballages compris. |
| Après usine | Inspection, transport, formalités et livraison restant à payer. |
Cette structure est un point de départ pour comparer vos offres, pas un barème indépendant ni une recommandation de ce fabricant. Demandez un total correspondant à votre projet et une liste claire des postes exclus.
Décomposer le minimum de commande
Le minimum peut dépendre des matières, des composants et du réglage de la production. Il peut varier selon le modèle, la couleur et la répartition des pointures. Xindesheng indique notamment que les minimums de ses fournisseurs de matières entrent dans ce calcul.
Faites préciser ce que couvre le chiffre reçu : un coloris, une semelle, un modèle ou l'ensemble de la commande. Demandez ensuite le coût d'une seconde couleur et les conséquences d'une pointure peu commandée. Vous saurez si une variante entraîne un achat de matière supplémentaire ou un autre outillage.
N'augmentez pas automatiquement la série pour obtenir un meilleur prix par paire. Examinez aussi les quantités que vous pouvez vendre par pointure et l’argent qui restera dans le stock. Un devis plus bas peut correspondre à un engagement total plus élevé.
Écrire les conditions d'utilisation des moules
Pour des moules ou outils payés séparément, faites préciser leur propriété, leur identification, leur lieu de stockage et leurs conditions de réutilisation. Précisez qui les entretient, les remplace et peut les déplacer, et s’ils sont réservés à vos modèles. Une ligne « frais de moule » ne tranche pas tout cela.
Ajoutez les modalités de paiement et les validations auxquelles elles se rattachent. Le calendrier doit distinguer le développement, l'achat des matières, la fabrication, les contrôles et l'expédition. Faites confirmer ce qui se passe si une correction du prototype décale le départ en production.
Pour la livraison, comparez des offres qui comprennent les mêmes frais et avec un lieu précis. Le classement douanier et les droits doivent être vérifiés pour votre chaussure, ses matières, son origine et la date d'importation. Un taux lu pour une autre référence ne constitue pas le budget douanier de votre série.
Valider un prototype que l'usine pourra reproduire
Le dossier technique relie les dessins, les matières et les mesures à une version du produit. Il doit être suffisamment précis pour que vous puissiez signaler une correction et vérifier ensuite son application.
Décrivez le dessus de la chaussure, appelé tige, la semelle, les renforts et les endroits où les pièces sont assemblées. Pour chaque matière, indiquez la référence, la couleur, l’épaisseur et la finition.
Joignez les mesures par pointure et la façon d’évaluer le maintien du pied. L’échantillon accepté doit porter une date et une référence ; ses corrections doivent se retrouver dans les dessins et les mesures.
Cette trame sert à préparer votre dossier ; elle ne remplace pas les plans et mesures du modèle.
Contrôler plusieurs dimensions de la pointure
Faites évaluer la place disponible en longueur, en largeur et en hauteur, ainsi que le maintien du pied. Convenez des conditions d'essayage : chaussettes, usage, marche et profils des personnes participant à l'évaluation. Une impression de confort immédiate ne remplace pas les autres vérifications du produit.
Demandez comment le patron et la forme évoluent entre les pointures. Ne déduisez pas de la validation d'une seule taille que les plus petites et les plus grandes pointures tiendront aussi bien au pied. Choisissez les échantillons nécessaires avec le technicien selon les risques du modèle.
Garder une trace de chaque correction
Un commentaire comme « rendre l'avant plus confortable » doit être précisé pour l’atelier. Notez ce qui change, sur quelle pièce et dans quelle version, puis demandez comment cette modification sera contrôlée. Faites confirmer les effets éventuels sur le coût, les matières et l'outillage.
Conservez un exemplaire approuvé et son dossier. Si une matière du prototype est remplacée pour la série, demandez de vérifier si la nouvelle matière convient aussi avant d'accepter le changement. Une teinte proche ne prouve pas une composition ou un comportement identique.
Vérifier les droits avant d'acheter une marque existante
Une usine peut produire pour une marque sans être autorisée à vous vendre les chaussures portant cette marque. Une liste de sites de fabrication peut montrer quelles usines travaillent pour une marque ; elle ne constitue pas une autorisation de vente à votre entreprise.
Demandez la provenance des marchandises, les factures et les éléments établissant les droits nécessaires à leur commercialisation. Faites vérifier les documents auprès des interlocuteurs concernés. Les expressions « même usine » et « surplus de production » ne répondent pas, seules, à ces questions.
L'authenticité ne règle pas tout le droit d'importer
En France, l'article L. 713-4 prévoit que le propriétaire de la marque ne peut normalement plus interdire l'usage de sa marque pour des produits mis dans le commerce dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen par lui-même ou avec son consentement. Des motifs légitimes peuvent cependant lui permettre de s'opposer à une nouvelle commercialisation, notamment si l'état des produits a été modifié.
Ce mécanisme est appelé épuisement du droit de marque. Une première vente hors de cet espace ne produit pas automatiquement le même effet. Il faut donc examiner les droits d'importation et de revente, même pour des produits authentiques. Inversement, leur fabrication en Chine ne suffit pas à les qualifier de contrefaçons.
Pour votre propre modèle, faites également vérifier le nom, les signes et les éléments de dessin utilisés. Ajouter votre logo à une copie de chaussure ne règle pas les éventuels droits sur son apparence.
Si un lot est retenu en douane
Si la douane retient le lot parce qu’elle soupçonne une contrefaçon, répondez rapidement. La douane décrit notamment une période de dix jours ouvrables permettant au titulaire de faire valoir ses droits. La notification et la procédure applicable doivent être examinées dès réception, avec les justificatifs du lot.
Lire la notification
Identifier les marchandises, le motif, le service et le délai de réponse.
Réunir les preuves
Rapprocher les références des factures, de leur provenance et des droits invoqués.
Répondre à temps
Faire examiner la situation et transmettre la position et les pièces utiles au service.
Le règlement 608/2013 permet une destruction simplifiée sous plusieurs conditions, dont les confirmations du titulaire de droits et l'accord du déclarant ou détenteur. L'absence de réponse dans le délai peut être considérée comme un accord à la destruction. Une opposition peut conduire le titulaire à engager une procédure : ne la confondez pas avec une libération automatique du lot.
Ce règlement exclut de son champ les produits fabriqués avec le consentement du titulaire et certains surplus d'une fabrication autorisée. Cette exclusion de procédure ne confère pas, en elle-même, un droit de commercialisation. Faites distinguer la situation réelle du lot, les règles de marque et la procédure douanière utilisée.
Vérifier les règles par matière et par usage
Une chaussure associe plusieurs parties à examiner
Les restrictions chimiques ne s'appliquent pas toutes à la chaussure entière de la même manière. Pour les parties en cuir au contact de la peau, REACH interdit une teneur en chrome VI atteignant 3 mg/kg de cuir sec, soit trois milligrammes par kilogramme. D'autres parties peuvent relever de l'entrée 72, qui vise notamment les chaussures destinées aux consommateurs et prévoit ses propres exclusions.
Ainsi, les éléments entièrement en cuir naturel sont exclus de cette entrée 72, sans être dispensés de la restriction propre au chrome VI dans le cuir. Les attaches non textiles et les équipements de protection font aussi l'objet d'exclusions. Décrivez chaque matière au laboratoire au lieu de demander une moyenne pour toute la paire.
Pour les boucles et œillets, il faut préciser comment elles touchent la peau : la restriction du nickel ne s'applique pas indistinctement à toute pièce métallique. Les teintures, colles et traitements doivent également être examinés selon leur composition et les textes pertinents. Un contrôle du sachet antimoisissure ne couvre pas, à lui seul, tous les composants.
Préparer l'étiquette des trois parties
La directive 94/11 prévoit l'information sur les matières principales. Le seuil de 80 % s'apprécie en surface pour la tige et l'ensemble doublure-semelle de propreté, et en volume pour la semelle extérieure. Si aucune matière n'atteint ce seuil, il faut indiquer les deux principales.
Repérer les trois parties de la chaussure
Voir en grand - En haut, la tige claire : la face extérieure fixée à la semelle.
- Au milieu, l'intérieur jaune : la doublure habille les parois intérieures ; la semelle de propreté se trouve sous le pied. Elles forment ensemble la deuxième partie à renseigner.
- En bas, la semelle extérieure noire : la face inférieure soumise à l'usure de la marche.
L'information doit figurer sur au moins une chaussure de chaque paire, par les moyens prévus, avec un étiquetage visible, accessible et solidement attaché. Des pictogrammes ou des indications textuelles permettent de désigner les matières. Le calcul de la tige ne prend pas en compte certains accessoires et renforts.
La DGCCRF précise que l'espèce animale n'est pas une mention obligatoire pour les chaussures, contrairement à certains autres articles en cuir. Une indication volontaire doit être exacte et justifiable. Faites contrôler l'étiquette du modèle final, puis sa correspondance avec les matières effectivement produites.
Une chaussure de sécurité demande un dossier EPI
Un modèle destiné à protéger contre des risques relève du règlement sur les équipements de protection individuelle, ou EPI. La procédure dépend de la catégorie de risque. Pour la catégorie II, elle comprend un examen UE de type par un organisme notifié, puis le contrôle de la conformité de la production au type approuvé. Le marquage CE et la déclaration font partie du dossier applicable.
La référence EN ISO 20345:2022 est complétée par l'amendement A1:2024. La décision 2024/2599 a prévu le retrait, au 8 avril 2026, de la référence sans cet amendement. Vérifiez les références utilisées et la validité des documents avec l'organisme concerné : une évolution de norme ne se résume pas à l'expiration automatique de tous les certificats.
Une chaussure ordinaire ne porte pas le CE au seul motif qu'elle couvre le pied. Il faut identifier les textes qui l'exigent pour le produit considéré. Le marquage CE et REACH répondent à des questions différentes.
Contrôler l'assemblage et la série avant expédition
Vérifier la liaison entre tige et semelle
Un décollement peut rendre une chaussure inutilisable malgré un bel aspect extérieur. La norme ISO 17708:2018 décrit une méthode pour mesurer la résistance de l’assemblage entre le dessus de la chaussure et la semelle, avec un domaine d'application précis, notamment des chaussures fermées à assemblage continu. Elle ne doit pas être appliquée automatiquement à n'importe quelle construction.
Convenez avec le laboratoire ou le responsable qualité de la méthode, des zones examinées et des critères acceptables. Faites préciser la préparation des échantillons et les éventuelles conditions de vieillissement. Un résultat sans identification de la zone testée peut être difficile à comparer à un autre.
En cas de décollement, demandez une analyse portant sur les matières et le procédé d'assemblage. Une nouvelle couche de colle ou une attestation commerciale ne démontre pas que la cause a été corrigée. Il faut vérifier la correction sur des échantillons représentatifs.
Examiner la flexion et l'usage annoncé
SATRA décrit plusieurs méthodes de flexion adaptées à différentes semelles et constructions. Certaines suivent la progression d'une entaille ; d'autres observent l'apparition de fissures sans entaille initiale. La température et la configuration influencent l'essai. Le nombre de flexions réalisées pendant l’essai ne donne donc pas directement la durée de vie en mois.
Précisez les performances réellement annoncées au client : usage, terrain, résistance à l'eau ou autres caractéristiques. Demandez les preuves adaptées aux promesses retenues. Une chaussure au style randonnée ne démontre pas, par son aspect, une performance technique de randonnée.
Prélever au-delà du prototype
SATRA recommande de tester des échantillons représentant la production, en complément de l'examen des prototypes. Les moments et la fréquence des vérifications doivent être définis selon le produit et le contrat.
Convenez des paires à prélever pendant la fabrication et une fois le lot terminé. Contrôlez également les paires : pointure du pied gauche et du pied droit, aspect, symétrie, coloris, finition, étiquette et conditionnement. Reliez les résultats aux références et aux quantités concernées.
Prévoyez enfin le suivi après la vente : identification des lots, réclamations et mesures correctives. Pour les produits relevant du règlement sur la sécurité générale des produits (RSGP), la documentation et les obligations de sécurité restent à organiser ; vendre sous votre propre marque vous place dans le rôle du fabricant dans ce cadre.
Comparez alors le prix de la série avec les pointures vérifiées, les contrôles prévus et les corrections encore nécessaires. Vous saurez ce que chaque fournisseur s’engage à livrer.
Un point à éclaircir ?
Questions fréquentes
Peut-on acheter des chaussures de marque auprès d’un fournisseur chinois ?
Il faut établir la provenance et les droits nécessaires à l'importation et à la revente. Une usine qui fabrique pour une marque n'est pas automatiquement autorisée à vous la vendre. L'authenticité du produit ne règle pas, seule, toutes les questions de commercialisation dans l'EEE.
Quelle quantité minimale prévoir pour une première série ?
Demandez le minimum propre à votre modèle, à chaque coloris et à la gamme de pointures. Les matières, composants, outillages et réglages peuvent peser sur ce minimum. Un chiffre générique lu en ligne ne remplace pas un devis correspondant au projet.
Payer un moule me rend-il automatiquement propriétaire ?
Faites inscrire les conditions de propriété, d'utilisation, de stockage, de maintenance et de transfert dans l'accord. Une ligne de facturation ne précise pas forcément ces droits ni une éventuelle exclusivité.
Que faire si la douane retient les chaussures ?
Lisez la notification et son délai, réunissez les justificatifs et faites examiner la procédure. Le silence peut être considéré comme un accord à une destruction simplifiée, sous les conditions du texte applicable. La retenue n'est pas, à elle seule, une condamnation.
Le CE est-il obligatoire sur toutes les chaussures ?
Non. Une chaussure ordinaire ne porte pas le CE pour cette seule fonction. Un modèle destiné à la protection doit faire examiner le régime EPI et la procédure correspondant à ses risques. Les restrictions chimiques et l'étiquetage demandent aussi leur propre vérification.
