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Importer de Chine : préparer sa première commande
Pour importer de Chine et revendre en France, commencez par un produit bien défini. Vérifiez ce qu’il doit respecter, comparez les fournisseurs et calculez ce que la commande vous coûtera jusqu’à la vente. Préparez ensuite les contrôles, la livraison et les documents de douane avant le départ des marchandises.
Sommaire · 6 sections
Votre premier geste peut tenir sur une page : décrivez ce que vous voulez vendre, à qui, en quelle quantité et avec quelle somme disponible. Une demande « je cherche un bon fournisseur en Chine » est trop large. En précisant la matière, les dimensions et l’usage du produit, vous donnez aux fournisseurs de quoi établir des offres comparables.
Ce guide concerne une entreprise qui achète un stock en Chine pour le revendre en France métropolitaine. Vous pouvez chercher des fournisseurs, vous renseigner sur les règles du produit et demander un prix de transport en même temps. Vous n’avez pas à tout résoudre d’un coup, mais certaines réponses doivent arriver avant de payer, d’expédier ou de vendre.
Le parcours d’une première importation
Avant de commander
Sachez quel produit vous achetez, ce qu’il doit respecter et combien la commande vous coûtera.
Avant de faire expédier
Vérifiez la marchandise et préparez avec les prestataires le transport et les documents de douane.
Avant de vendre
Examinez ce que vous avez reçu et préparez les informations destinées aux clients.
Avant de commander : produit, entreprise et fournisseur
Définissez ce que le produit doit respecter
La conformité, c’est le respect des règles applicables au produit. Ces règles dépendent de ce qu’il fait, de sa matière et des personnes qui l’utiliseront. Commencez donc par décrire le modèle exact que vous voulez vendre.
Une coque vide et un chargeur ne se vérifient pas de la même façon : le chargeur se branche sur le secteur, la coque n’a pas de fonction électrique. Le marquage CE concerne certaines familles de produits seulement. Un logo ne remplace pas les documents qui montrent que le modèle respecte les règles.
Avant de choisir l’offre, faites préciser les documents et les essais nécessaires. Demandez au fabricant ce qu’il peut fournir : rapports d’essai, informations sur les matières, notices ou étiquettes selon le produit. Vous pourrez vérifier ses réponses et prévoir le coût de ce qui manque.
Qui fait quoi ? Le fabricant doit respecter ses obligations sur le produit. Vous avez aussi des vérifications à faire en tant qu’importateur. Pour les produits couverts par les textes européens concernés, un professionnel responsable doit être établi dans l’Union européenne ; ses tâches comprennent notamment la vérification des documents et la coopération avec les autorités. Confier le transport à quelqu’un ne remplace pas ce travail.
Si votre produit relève du règlement européen sur la sécurité générale des produits, vous devez notamment vérifier que le fabricant a préparé les informations et documents prévus, et ajouter vos coordonnées d’importateur. Si les informations dont vous disposez vous donnent des raisons de croire que le produit ne respecte pas ces exigences, il ne doit pas être mis sur le marché avant correction. Les obligations précises dépendent aussi des textes propres au produit.
Préparez votre entreprise et ses identifiants
Vous pouvez exercer une activité commerciale en société ou en entreprise individuelle, notamment sous le régime micro-entrepreneur. Vous n’êtes donc pas obligé de créer une société. Les formalités d’entreprise passent par le guichet unique en ligne. Pour choisir un régime, tenez compte de vos dépenses et de votre façon de vendre.
Le numéro EORI identifie votre entreprise auprès de la douane. Une entreprise établie en France doit avoir un EORI pour effectuer les formalités douanières liées à ses marchandises, appelées dédouanement. Vérifiez d’abord si votre entreprise a déjà un numéro utilisable pour votre opération. Sinon, la demande est gratuite sur le service officiel SOPRANO. La fiche numéro EORI explique la démarche.
Préparez aussi le traitement de la TVA, la taxe sur la valeur ajoutée. Pour une entreprise identifiée à la TVA en France, la TVA à l’importation se porte sur la déclaration de TVA : c’est l’autoliquidation. Elle peut y être déduite si l’entreprise a le droit de la déduire. Créer une entreprise ne donne donc pas automatiquement le droit de récupérer toute la TVA.
Comparez des offres portant sur le même produit
Envoyez la même description à chaque fournisseur : modèle, matière, dimensions, quantité, personnalisation, emballage et lieu de livraison attendu. Demandez le minimum à commander, y compris par couleur ou par taille. Un prix valable pour un grand lot d’une seule couleur peut changer si vous en voulez plusieurs.
Vérifiez le nom de l’entreprise qui signera avec vous, son rôle dans la fabrication et le nom du bénéficiaire du paiement. Si les noms diffèrent, demandez pourquoi et quels documents expliquent leur lien. Avant un virement, confirmez les coordonnées bancaires auprès d’un contact déjà connu, surtout si elles viennent de changer.
De l’échantillon accepté au contrôle de la commande
Voir en grand 1. Décrire ce qui compte. Matière, dimensions et finition : écrivez les points que le fournisseur doit reproduire. Pour un sac en toile, ouvrez-le et retournez-le au besoin pour examiner les coutures intérieures.
2. Garder une référence. Identifiez l’échantillon accepté et notez ce qui doit encore changer. L’usine et la personne chargée du contrôle doivent savoir quel modèle vous avez retenu.
3. Comparer avant le départ. Faites contrôler les points convenus dans la commande. Si une différence apparaît, faites corriger puis vérifier le résultat avant de donner votre accord pour expédier, selon les conditions de paiement prévues.
Ce contrôle de commande ne remplace pas les vérifications de sécurité ni les documents exigés pour le produit. Un échantillon accepté ne prouve pas à lui seul que toutes les pièces seront identiques.
Chiffrez ce qui sera payé avant les ventes
Le prix des pièces ne dit pas combien vous devrez dépenser pour les vendre. Pour comparer deux offres, regardez d’abord ce que chacune inclut. Ajoutez les frais manquants, en veillant à ne pas compter deux fois le même poste.
Comparer les montants
Le devis le moins cher peut revenir plus cher
Offre A : transport à ajouter
- 2 000 €
- 600 €
Offre B : transport déjà inclus
- 2 450 €
- 0 €
Exemple hypothétique, avec le même produit, la même quantité et le même trajet. L’offre A arrive à 2 600 €, contre 2 450 € pour B : B coûte ici 150 € de moins sur ces deux postes. Ce ne sont ni des tarifs réels ni le coût complet d’une importation. L’exemple laisse de côté les autres dépenses pour montrer l’effet des frais déjà inclus.
Pour le budget complet, ajoutez ce que votre projet demande en plus : échantillons et leur livraison, essais, contrôles, outillage éventuel, emballage, assurance choisie, formalités, droits de douane et TVA non déductible. Puis comptez les dépenses de vente : stockage, photos, préparation des commandes, commissions et retours. Les montants viennent de vos devis et de votre situation.
Pour estimer les droits de douane, il faut le code douanier, le numéro qui classe la marchandise, son origine et sa valeur en douane. Cette valeur sert au calcul et ne correspond pas toujours au seul prix des pièces. Faites vérifier ces données avant de retenir le montant estimé. La fiche sur les droits de douane explique cette taxe et son calcul.
Le forfait des petits colis s’applique-t-il à votre stock ?
Un petit envoi professionnel ne bénéficie pas automatiquement du forfait des colis vendus aux particuliers. Depuis le 1er juillet 2026, la douane exclut les échanges entre entreprises du forfait de 3 € des ventes à distance aux consommateurs. Votre lot relève du tarif applicable au produit, qui peut selon le cas être nul ou positif.
Le moment du paiement compte aussi. Un acompte peut être demandé avant la fabrication, puis un solde selon les conditions convenues. Votre argent reste engagé jusqu’aux ventes. Gardez une réserve pour un retard, une correction ou un stock qui se vend plus lentement que prévu : les premières recettes peuvent arriver après les premières factures.
Avant d’expédier : contrôlez le lot et préparez son entrée
Convenez de ce qui autorise le départ
Prévoyez le contrôle avant que la marchandise soit enlevée, avec assez de temps pour corriger les problèmes. Selon le produit, il peut porter sur les quantités, les dimensions, le fonctionnement, l’aspect et l’emballage. Vérifier que les sacs ont les bonnes dimensions répond à une question ; vérifier qu’ils respectent les règles de sécurité en est une autre. Le contrôle de la commande ne remplace pas les essais nécessaires.
Si un défaut apparaît, demandez ce qui sera corrigé et comment vous pourrez vérifier le résultat. Tenez compte des conditions de paiement convenues avant de donner le feu vert pour expédier. Une date de départ pressante ne fait pas disparaître un écart avec ce que vous avez commandé.
Distinguez le transport des formalités douanières
Le devis de transport doit préciser le départ, la destination et les frais inclus. Il peut mentionner un Incoterm : une règle de livraison qui répartit certaines tâches, certains frais et les risques entre le vendeur et l’acheteur. Faites-vous expliquer celui qui est proposé, avec le lieu précis auquel il s’applique. Demandez ce qui restera à payer à l’arrivée.
Avant l’entrée dans l’Union européenne, des informations sur l’envoi doivent être transmises à la douane pour les contrôles de sûreté et de sécurité. Le système utilisé s’appelle ICS2. Confirmez avec le transporteur ou son représentant quelles données vous devez fournir, qui les transmettra et quand. Cette déclaration d’entrée ne remplace pas la déclaration qui permet le dédouanement.
Un trajet routier ou ferroviaire est-il encore en période de transition ?
La période de transition française a pris fin le 31 décembre 2025 pour ces modes et les remorques non accompagnées. Depuis le 1er janvier 2026, les déclarations d’entrée concernées doivent passer par ICS2. La note douanière précise ce calendrier si votre prestataire se réfère encore à une ancienne procédure.
Pour la déclaration en douane, vous pouvez agir vous-même ou faire appel à un représentant en douane, un professionnel chargé de ces formalités. Préparez avec lui l’identité de l’importateur, la description des produits, leur origine, leur valeur et les justificatifs requis, dont la facture. Demandez une copie de la déclaration et convenez de la façon de corriger une erreur.
À réception : vérifiez ce que vous allez vendre
Comparez les quantités et les modèles reçus avec les documents de la commande. Examinez les cartons et les produits. Gardez les photos utiles et signalez rapidement les différences aux personnes concernées. Mettez de côté les articles dont l’état ou les documents restent à vérifier.
Avant de vendre, préparez les informations qui accompagnent le produit et celles qui apparaîtront sur l’offre. Dans le champ du règlement européen sur la sécurité générale des produits, la vente à distance impose notamment des informations d’identification et des avertissements. Gardez aussi de quoi retrouver le fabricant et le lot : c’est la traçabilité. Elle permet de savoir quels produits sont concernés si un problème apparaît.
En France, certains produits et emballages relèvent de la responsabilité élargie du producteur, ou REP. Selon les filières concernées, vous pouvez devoir vous enregistrer, faire des déclarations et participer aux frais de collecte et de recyclage. Plusieurs filières peuvent concerner une même commande. Vérifiez ce qui vous revient : le fournisseur étranger ne fait pas nécessairement ces démarches à votre place.
Prévoyez enfin qui répondra aux réclamations, où les clients renverront les produits et comment reconnaître le lot concerné. Il faut aussi savoir quand arrêter de vendre un modèle dont la sécurité reste à vérifier. Une fois le stock arrivé, ces informations vous serviront à le gérer.
Le dossier à réunir pour votre première commande
Gardez ensemble la description du produit, les devis, l’identité des entreprises, la référence de l’échantillon accepté, les documents de sécurité et les conditions de paiement. Ajoutez les contrôles, les documents de transport et la déclaration en douane au fil de la commande. Le dossier doit vous permettre de comparer ce qui a été demandé, accepté, payé et reçu.
Pour avancer, partez de la question qui bloque votre prochaine décision. Deux offres différentes ? Faites préciser ce qu’elles incluent. Un document manque sur le produit ? Demandez-le avant de choisir le fournisseur. Le transport n’est pas chiffré ? Obtenez ce devis avant de juger si la commande tient dans votre budget.
Un point à éclaircir ?
Questions fréquentes
Faut-il créer une société pour importer de Chine ?
Une société n’est pas la seule possibilité : une entreprise individuelle peut exercer une activité commerciale. Le régime micro-entrepreneur est une forme simplifiée de l’entreprise individuelle. Choisissez un cadre adapté à votre activité et à ses dépenses, puis accomplissez les formalités d’entreprise, de douane et de TVA qui vous concernent.
Dois-je aller en Chine pour une première commande ?
Le déplacement est un moyen de vérifier certains points, pas une étape obligatoire de tout projet. Selon le produit, vous pouvez commencer par des documents, des échantillons et un contrôle confié sur place. Une visite devient utile si elle permet d’examiner une capacité ou une fabrication que vous ne pouvez pas vérifier autrement.
