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Importer des bijoux de Chine
La chaîne, le fermoir et le pendentif d’un collier peuvent être faits de matières différentes. Avant d’acheter, il faut savoir quelles pièces ont été testées et si les bijoux livrés seront fabriqués de la même façon.
Sommaire · 6 sections
Pour comparer deux prix de bijoux, vérifiez d’abord que les matières, les finitions et les contrôles demandés sont les mêmes. Pour une vente en France, les bijoux fantaisie et les métaux précieux ont aussi des règles différentes, expliquées ci-dessous.
Décrire chaque partie du bijou
Demandez la matière de chaque pièce : le métal utilisé, ce qui le recouvre et les éléments ajoutés, notamment ceux qui touchent la peau. « Acier inoxydable » sur la fiche d'un collier ne décrit pas nécessairement sa chaîne, son fermoir, ses anneaux et ses soudures.
Un collier, plusieurs pièces à contrôler
Voir en grand La petite pièce compte autant que la partie visible. Pour le plomb, la restriction porte sur chaque partie individuelle du bijou. Une moyenne calculée en mélangeant toute la chaîne et le fermoir peut masquer la quantité de plomb dans une petite pièce. Le laboratoire doit pouvoir identifier ce qui a été analysé.
Dans votre demande de devis, joignez des photos qui nomment les différentes pièces, les dimensions, le poids attendu et la finition. Si le fournisseur propose une autre matière pour le fermoir, faites modifier la description avant d'accepter l'offre. Prévoyez aussi l'accord nécessaire en cas de changement de sous-traitant, de bain de traitement ou de revêtement.
Les places de marché aident à trouver des fournisseurs. Mais la page d’un vendeur ne dit pas toujours où les bijoux sont fabriqués. Demandez le nom légal chinois, le lieu de production, les opérations sous-traitées et l'entreprise qui facture. Une visite ou un contrôle du site doit examiner les opérations utiles à votre commande, notamment l'assemblage et les traitements de surface.
Distinguer ce que le bijou contient et ce qu'il libère
REACH est le règlement européen sur les substances chimiques. Pour les bijoux, trois restrictions reviennent souvent : nickel, plomb et cadmium. Elles ne mesurent pas la même chose et ne constituent pas une liste complète pour toutes les matières.
Le nickel se mesure en quantité libérée au contact de la peau. Le plomb et le cadmium se vérifient ici par leur teneur, c'est-à-dire leur proportion dans la partie concernée. Il ne faut donc pas demander au laboratoire un même « test métaux » sans préciser les questions à résoudre.
| Cas courant | Limite à examiner |
|---|---|
| Nickel : tiges introduites dans une partie percée du corps | Libération inférieure à 0,2 µg/cm²/semaine. |
| Nickel : contact direct et prolongé avec la peau | Libération ne dépassant pas 0,5 µg/cm²/semaine. |
| Plomb : chaque partie individuelle | Concentration inférieure à 0,05 % en masse. |
| Cadmium : parties métalliques concernées | Concentration inférieure à 0,01 % en poids du métal. |
Les unités du nickel signifient « microgrammes par centimètre carré et par semaine » : elles rapportent une quantité libérée à une surface et à une durée. Les limites viennent des entrées 27, 63 et 23 de REACH. Faites appliquer au rapport les règles d'interprétation de la méthode d'essai ; une valeur isolée sans méthode ni conclusion ne suffit pas.
Pour les articles en contact prolongé avec la peau qui possèdent un revêtement autre que du nickel, ce revêtement doit maintenir la libération au niveau prévu pendant au moins deux ans d'utilisation normale. Une couche décorative neuve ne prouve donc pas à elle seule la tenue de cette protection.
Exceptions et autres matières à examiner
L'entrée sur le plomb prévoit notamment des exceptions pour certains cristaux, des composants internes de montres inaccessibles et certaines pierres non synthétiques ou reconstituées, sous les conditions du texte. Ces exceptions ne s'étendent pas automatiquement au fermoir ou à la chaîne qui les accompagnent.
Un cordon en cuir, une pièce en plastique ou un élément textile appelle d'autres vérifications selon sa composition et son usage. La DGCCRF cite notamment le chrome VI dans le cuir et certains colorants azoïques. Décrivez toutes les matières pour que le programme d'essais couvre le produit entier.
Demander un rapport qui correspond à la commande
Avant de payer des essais, transmettez au laboratoire la description du bijou et son usage. Pour le nickel, la référence publiée par la Commission est EN 1811:2023. Pour les articles revêtus, EN 12472:2020 sert à simuler l'usure et la corrosion avant la mesure de libération. Faites confirmer les méthodes adaptées aux pièces et à la finition réellement vendues.
Pour le plomb et le cadmium, demandez une analyse adaptée à la matière et aux limites applicables, avec résultats chiffrés pour les parties concernées. Le laboratoire doit préciser quelles pièces lui envoyer et ce que les résultats permettront de conclure. Une seule phrase « conforme REACH » ne permet pas de vérifier ces points.
Lire le rapport avec le produit à côté
Reconnaître le modèle
Comparez les photos, le code, la couleur et le revêtement avec votre bijou approuvé.
Repérer les pièces testées
Retrouvez la chaîne, le fermoir et les autres parties analysées. Notez la date de réception des échantillons.
Lire les résultats
Vérifiez la méthode et son édition, les valeurs, leurs unités et la conclusion pour chaque contrôle.
Si un rapport vous paraît douteux, contactez le laboratoire avec les coordonnées trouvées sur son site officiel. Décidez qui choisira les pièces à tester dans la commande et comment les reconnaître ensuite. Un échantillon choisi à part par le fournisseur ne prouve pas que toute la production lui correspond.
Ce que l'accréditation du laboratoire couvre
L’accréditation reconnaît la compétence d’un laboratoire pour des essais précis. Vérifiez donc lesquels sont couverts, ainsi que le nom du laboratoire. Un logo sur la première page du rapport ne prouve pas que cette reconnaissance vaut pour toutes les analyses du document.
Le contrôle visuel du lot reste distinct de la chimie. Vérifiez notamment les arêtes, les fermetures, la fixation des pierres ou éléments décoratifs, la régularité de la finition et le nombre de pièces. Fixez avant la production les défauts refusés et la suite prévue en cas d'écart : tri, correction, nouvelle vérification ou refus d'expédition selon le problème.
Préparer les mentions de vente et les poinçons
La description destinée au client doit correspondre au bijou réel. Repérez votre cas avant de préparer la fiche de vente ; un même bijou peut cumuler plusieurs exigences.
| Votre bijou | À préparer |
|---|---|
| Fantaisie | Matériaux principaux, caractéristiques essentielles en français et prix. |
| Or, argent ou platine | Titre légal, poinçon de responsabilité et garantie selon le régime applicable. |
| Revêtement précieux | Appellation justifiée par la composition et l'épaisseur ; poinçon spécial prévu par les règles. |
Les pierres, perles, pièces en cuir et fibres textiles peuvent appeler des mentions particulières. Prévoyez aussi l'identification du produit, les coordonnées demandées du fabricant, de l’importateur et des autres professionnels concernés et les informations de sécurité. Les offres en ligne ont leurs propres informations à afficher. Si vous vendez sous votre marque, les obligations du fabricant peuvent vous incomber.
Pour les métaux précieux : titre et poids à distinguer
Le titre est la proportion de métal précieux dans l’alliage, le mélange de métaux : de l'argent à 925 millièmes contient 925 parts d'argent pour 1 000 parts d'alliage. Le titre annoncé doit correspondre à un titre légal et à la matière contrôlée.
Pour des ouvrages importés de Chine, préparez les démarches avec le service de la garantie de la Douane avant l’arrivée. La simple inscription « 925 » par le fournisseur ne les remplace pas. Sous 3 g pour l'or ou le platine, et sous 30 g pour l'argent, la dispense concerne le poinçon français de garantie. Elle ne supprime pas à elle seule les obligations de titre et de responsabilité.
Les deux poinçons n'ont pas le même rôle
Le poinçon de responsabilité identifie le professionnel responsable de l'importation. Le poinçon de garantie atteste le titre selon le régime applicable. La Douane décrit la présentation des ouvrages à l'arrivée, l'apposition du poinçon de responsabilité et le contrôle du titre avant la garantie. Faites confirmer les formalités et les dispenses applicables à votre ouvrage.
Pour le plaqué or : demander une épaisseur
Une couleur dorée ne suffit pas pour écrire « plaqué or ». La DGCCRF indique pour cette appellation une couche d'au moins 3 microns, avec un métal de revêtement titrant au moins 500 millièmes, et un poinçon spécial. Un micron est un millième de millimètre. Demandez les preuves correspondantes avant de valider la mention.
Pourquoi gold color, plaqué et vermeil ne sont pas interchangeables
« Gold color » décrit une couleur, sans prouver les conditions du plaqué or. Les appellations « doublé », « métal argenté » et « vermeil » ont aussi leurs exigences propres. Choisissez la dénomination à partir de la composition et de l'épaisseur réelles, sans déduire ces caractéristiques d'une photo.
Un bijou ordinaire ne relève pas du marquage CE. Examinez toutefois l'usage si le produit comprend un jouet ou une fonction électronique.
Chiffrer le lot sans oublier les variantes
Faites préciser la quantité minimale par modèle, taille et finition. Trois couleurs proposées sur une même photo peuvent demander trois productions et des contrôles distincts. Les conditions doivent indiquer la répartition acceptée, le délai et le prix de chaque variante.
Le prix des essais dépend notamment du nombre de matières, de finitions et de pièces à tester. Ce n'est pas simplement un pourcentage du prix des bijoux. Pour une petite commande, chiffrez-le avant de décider combien de modèles lancer. Réduire le nombre de variantes peut simplifier le premier lot, si cela convient aux bijoux que vous voulez proposer à vos clients.
Deux codes douaniers, deux taux relevés
Le classement dépend du produit réel. Les bijoux fantaisie en métaux communs et ceux en argent n'appartiennent pas à la même position. Les exemples suivants ne couvrent pas toute la bijouterie.
| Classement relevé | Droit |
|---|---|
| Autres bijoux fantaisie en métaux communs 7117 19 00 90 | 4 % |
| Bijouterie en argent et ses parties 7113 11 00 00 | 2,5 % |
Droits pays tiers, requête d'origine Chine au 15 septembre 2026, base TARIC mise à jour le 14 septembre. Ces taux concernent une importation ordinaire ; les régimes particuliers et les envois de faible valeur ne sont pas représentés. Vérifiez le classement complet et les autres mesures du produit avant le dédouanement.
Les pierres, matières d'origine animale et autres éléments particuliers peuvent aussi appeler des documents. Le code douanier ne dispense pas d'examiner leur origine et leur composition. Pour les montants, utilisez la valeur en douane appropriée, puis ajoutez les autres postes : essais, inspection, emballage, fret, assurance, formalités et livraison finale. Traitez séparément la TVA selon votre situation.
Autoriser l'expédition sur des éléments vérifiables
Avant de donner le feu vert pour expédier, comparez la commande, le modèle d’essai approuvé, les rapports et le contrôle des bijoux fabriqués. Les références et les finitions doivent être les mêmes. Si un composant a changé, demandez quels nouveaux contrôles sont nécessaires avant de réutiliser les anciens résultats.
Pour un écart chimique, une nouvelle étiquette ne résout pas le problème. Pour une fermeture défectueuse, un rapport chimique favorable ne suffit pas. Demandez une correction adaptée, puis sa vérification. Faites expliquer par écrit pourquoi les bijoux peuvent partir, et préparez les mentions destinées aux clients avant l’expédition.
Conservez enfin les références de lots et les pièces du dossier afin de pouvoir retrouver ce qui a été vendu. C'est aussi ce qui permet d'agir si un défaut ou un risque apparaît après la réception.
Un point à éclaircir ?
Questions fréquentes
La mention acier 316L suffit-elle pour vendre un bijou ?
Non. Elle annonce un type d’acier, mais ne prouve ni la matière de chaque pièce ni la conformité du bijou fini. Faites préciser aussi le fermoir, les soudures et le revêtement, puis reliez les essais nécessaires à la référence réellement commandée.
Tous les bijoux pour enfants portent-ils le marquage CE ?
Non. L'âge du public ne suffit pas à faire d'un bijou un jouet. Il faut examiner sa conception, sa présentation et son usage. Un produit qui relève des jouets suit leurs règles, dont le marquage CE. Les autres bijoux doivent tout de même être évalués pour leurs risques, notamment les petites pièces.
Un rapport ancien est-il automatiquement inutilisable ?
Non. Sa date ne suffit pas à décider. Vérifiez le produit, ses matières, les modifications intervenues, la méthode employée et les règles actuelles. Un laboratoire peut déterminer les compléments nécessaires. Un ancien rapport sur un autre modèle ne devient pas pertinent parce que le fournisseur dit que les bijoux sont semblables.
