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Importer du textile de Chine : du tissu à la série

Le tissu paraît dense, la coupe tombe bien, le prix convient. Reste à savoir si tous les vêtements de la commande garderont ces qualités après fabrication et lavage. Voici comment préciser ce que l’usine doit reproduire et comment le vérifier.

Sommaire · 7 sections

Une photo permet de choisir un style. Elle ne permet pas de prévoir la réaction du tissu au lavage, ni de savoir si les vêtements fabriqués en quantité — la série — seront identiques au modèle d’essai, l’échantillon. Pour une commande destinée à la vente en France, ces écarts ont deux conséquences très concrètes : des pièces qui ne correspondent plus à votre offre et un coût qui se répartit sur moins de vêtements vendables.

Le travail commence donc avant la négociation du prix : il faut définir quelle matière et quelle version du vêtement le fournisseur s’engage à reproduire.

Trouver le bon interlocuteur pour votre produit

Commencez par préciser ce que vous achetez. Un tissu au mètre, un vêtement déjà en stock et un vêtement à faire fabriquer sont trois demandes différentes. Pour du tissu, demandez quelle largeur vous pourrez utiliser et quelle quantité est disponible. Vérifiez aussi que les rouleaux ont la même teinte et que le fournisseur pourra refaire ce tissu lors d’une autre commande. Pour du stock fini, demandez l'inventaire par taille et couleur. Pour faire fabriquer un vêtement, il faut décrire le modèle par écrit et vérifier sa coupe avant de produire toute la commande.

Un négociant peut regrouper des matières ou plusieurs ateliers ; un fabricant peut sous-traiter la teinture, l'impression ou certaines opérations. Demandez qui fait chaque travail, qui peut autoriser un changement et quelle entreprise devra corriger un défaut. Le contrat doit nommer ces responsables. Demandez le nom légal chinois, l'adresse du site concerné et l'identité de l'entreprise qui facture. Faites expliquer les écarts entre ces noms avant de verser l'acompte.

Allée d'un marché textile chinois, avec des présentoirs de tissus et des vêtements de chaque côté.Voir en grand
Dans un marché textile, les présentoirs permettent de chercher une matière. Ils ne prouvent ni sa composition ni la capacité d’un atelier à la reproduire. Image tirée de la vidéo Sino Sourcing à 00:49.

Cette image montre une étape de recherche. Pour passer à la commande, il faut pouvoir retrouver le coupon choisi — ce petit morceau de tissu — grâce à sa référence, au nom du fournisseur et aux documents de la commande.

Keqiao : chercher des matières, puis organiser leur confection

Le district de Keqiao, à Shaoxing dans le Zhejiang, accueille China Textile City, un marché spécialisé dans le textile. C'est une piste pour rechercher et comparer des tissus lorsque la matière commande votre projet. Pour pouvoir retrouver et commander le tissu choisi, notez ses caractéristiques : composition annoncée, largeur, masse par mètre carré de tissu, finition, minimum par couleur, disponibilité et coordonnées de l'entreprise.

Un coupon séduisant ne constitue pas encore une commande de vêtements. Si vous choisissez vous-même la matière, décidez avec le confectionneur, l’atelier qui fabrique les vêtements, qui achète le tissu et vérifie les rouleaux à l’arrivée. Précisez aussi qui paie le tissu perdu lors de la découpe. Demandez également si une nouvelle commande utilisera la même référence et le même procédé de teinture. Un nouveau lot de teinture doit être comparé au coloris approuvé ; la seule reprise du nom de couleur ne suffit pas.

Pour comparer les fournisseurs, envoyez le même dossier à chacun. Demandez ce qu'ils fabriquent déjà de comparable, quelles opérations ils réalisent et quelles preuves ils peuvent transmettre. Un prix très bas ou l'acceptation d'une petite quantité ne prouve, à lui seul, ni la qualité ni le statut d'usine.

Définir une qualité que vous pourrez mesurer

« Coton premium », « tissu épais » ou « taille européenne » laissent trop de place à l'interprétation. Remplacez ces expressions par des caractéristiques, une méthode de contrôle et un écart maximal accepté, appelé tolérance. Le dossier technique, souvent appelé tech pack, réunit les dessins, mesures, matières, accessoires et instructions de fabrication d'une référence.

Voir la différence

Mesurer avant et après le lavage

Deux t-shirts et le contour initial sous le plus court. Illustration générée du retrait au lavage, écart accentué.
Avant lavage
70 cmLongueur mesurée au point défini dans le dossier.
Après lavage
67,9 cmMême point de mesure, après le cycle et le séchage convenus.

L'écart est de 2,1 cm. Il faut le comparer à l'écart maximal accepté avant la commande.

Mesures entièrement fictives. Illustration générée : l'écart est accentué et le dessin n'est pas à l'échelle. Aucune mesure réelle ne se déduit de cette image.

Dans cet exemple, la longueur diminue de 2,1 cm sur 70 cm au départ : 2,1 ÷ 70 × 100 = 3 % de retrait. Ce résultat ne suffit pas à accepter la pièce : il faut le comparer à la tolérance convenue et vérifier les autres mesures. Écrire seulement « lavable en machine » n'aurait pas fixé ce critère.

Pour pouvoir mesurer la même chose chez le fabricant et à réception, le dossier doit préciser où poser le mètre et comment laver le vêtement. Gardez aussi un petit morceau du tissu et le coloris approuvés : ils servent de références pour la commande suivante.

À préciserCe que vous écrivez
Le tissuLes fibres, leurs proportions, le poids en g/m² et les traitements.
Les taillesOù mesurer, quelle longueur attendre et quel écart accepter.
La couleurLe coloris approuvé et la façon de le comparer.
Le lavageLe cycle, le séchage, le nombre de lavages et le rétrécissement accepté.
La fabricationLes coutures, renforts, boutons et impressions à reproduire.
La présentationLes étiquettes, le pliage et les quantités dans les cartons.

Le poids en g/m² indique combien pèse un mètre carré de tissu. Il aide à comparer deux tissus qui semblent proches au toucher. Les écarts que vous acceptez se décident selon le vêtement et son usage : ce ne sont pas des limites fixées par la loi pour tous les textiles.

Le nom des fibres ne dit pas tout sur la tenue du tissu. Deux tissus composés des mêmes fibres peuvent être tissés ou tricotés différemment, peser plus ou moins lourd, ou avoir reçu des traitements différents. Essayez les échantillons comme les clients utiliseront le vêtement : bouger avec, le laver, regarder s’il est transparent et s’il déteint sur un autre tissu. La norme ISO 5077 explique comment mesurer le changement de taille au lavage. Elle ne fixe pas combien votre vêtement peut rétrécir sans devenir inacceptable pour vos clients.

Sport, lingerie et accessoires : changer les contrôles

Pour un legging de sport, vérifiez si le tissu reste opaque lorsqu'il est tendu et s'il reprend sa forme après étirement. Examinez aussi les coutures et la tenue de la couleur quand le tissu frotte ou reçoit de la transpiration. Une photographie à plat ne répond pas à ces questions. Expliquez au laboratoire à quoi le vêtement doit servir. Demandez quels essais permettent de le vérifier, puis écrivez les résultats que vous attendez dans le dossier.

Pour de la lingerie, la correspondance des tailles et le confort des élastiques, coutures ou armatures demandent un essayage spécifique. Pour une casquette, le volume, la visière, le réglage et la broderie deviennent déterminants. Pour des gants, séparez l'accessoire de mode du produit qui revendique une protection. Une couverture exige ses propres dimensions finies et conditions de lavage ; elle ne reprend pas automatiquement le cahier des charges du vêtement.

Un vêtement ordinaire ne reçoit pas un marquage CE du seul fait qu'il est importé. Une fonction de protection peut faire entrer le produit dans la réglementation des équipements de protection individuelle. Définissez cette fonction avant de retenir les essais et marquages : le guide du marquage CE explique cette distinction.

Valider les échantillons dans le bon ordre

Demander « un échantillon » sans préciser son rôle crée un malentendu. Un prototype peut valider la coupe avec un tissu provisoire ; il ne valide alors pas la matière de série. À l'inverse, un coupon peut convenir sans que le vêtement tombe correctement. Notez chaque validation avec sa version et ce qu'elle couvre.

Imaginons que la coupe du prototype vous convienne, mais que l’usine ait utilisé un tissu disponible en attendant votre coloris. Votre accord porte alors sur la coupe. Il reste à voir un vêtement confectionné avec le tissu, les accessoires et les étiquettes de la commande avant de donner l’accord pour la série. Une validation écrite qui précise cette limite évite que le prototype provisoire devienne la référence par défaut.

Conservez un exemplaire de référence de chaque côté, identifié et daté. Si le tissu, un traitement ou un accessoire change, demandez quelles validations et quels essais doivent être repris. Regarder le vêtement ne suffit pas à vérifier les substances qu’il contient. Inversement, un essai chimique ne dit pas si les tailles sont bonnes.

Avant l'expédition, contrôlez la répartition des tailles et couleurs, les défauts de couture, les mesures, les étiquettes et les cartons. Décidez à l’avance comment choisir les pièces à contrôler, comment classer les défauts selon leur gravité et quoi faire si le lot est refusé. Contrôler quelques pièces ne garantit pas que toutes sont sans défaut. Le compte rendu doit expliquer la décision et les corrections demandées.

Préparer l'étiquette et les informations de vente

Lorsque le fabricant est hors de l'Union, l'importateur doit veiller à fournir l'étiquette ou le marquage et à l'exactitude de la composition. Cela n'oblige pas à coudre vous-même les étiquettes : vous pouvez demander à l'usine de les fabriquer, puis valider leur texte et leur pose.

Pour un vêtement vendu en France, la composition doit être lisible, en français et fixée au produit. Les fibres et leurs proportions doivent correspondre au produit réel. Faites valider le nom de chaque fibre avant d'imprimer : « spandex » ou « bambou » ne remplacent pas les dénominations réglementaires françaises. La DGCCRF a relevé ces erreurs lors de contrôles.

95 % bambou · 5 % spandexCes noms commerciaux ne conviennent pas à une déclaration française de composition.
95 % viscose · 5 % élasthanneDénominations adaptées si cette composition correspond effectivement au tissu analysé.
Exemple fictif de formulation, limité aux noms de fibres. Il ne constitue ni un modèle complet d'étiquette ni la preuve de composition d'un produit.

L'origine végétale de la cellulose ne change pas le nom de la fibre obtenue. Pour un produit vendu comme « bambou », faites donc préciser la transformation et la dénomination exacte ; ne déduisez pas une propriété antibactérienne ou une qualité environnementale de ce seul mot.

Le règlement prévoit aussi des cas à examiner : plusieurs parties de compositions différentes, parties non textiles d'origine animale, dérogations pour certains articles. Les informations de composition doivent être accessibles avant l'achat, y compris en ligne. Prévoyez ensemble le texte de l'étiquette et celui de la fiche produit : les corriger séparément favorise les contradictions.

En France, les conseils d'entretien sont facultatifs mais recommandés. Ils doivent correspondre aux essais et à l'usage prévu. Les symboles d'entretien ne sont pas libres de droits ; vérifiez les conditions d'utilisation auprès de leur gestionnaire. La mention d'origine géographique est en principe facultative sur le vêtement, ce qui ne dispense pas de déclarer l'origine en douane ni de justifier une origine volontairement affichée.

La composition n'est qu'une partie du dossier

Le règlement sur la sécurité générale des produits impose aussi des obligations de sécurité et de traçabilité : pouvoir identifier le produit, son fabricant et son parcours. Avant de mettre le lot sur le marché, vérifiez l'identification du produit, les coordonnées requises du fabricant et de l'importateur, les avertissements pertinents et l'existence de la documentation technique. Si vous vendez sous votre propre marque, vous pouvez être considéré comme le fabricant et porter ses obligations. En vente à distance, l'offre doit également afficher les informations de sécurité et d'identification prévues par l'article 19.

Demandez un dossier rattaché à votre référence, comprenant les matières, les risques recherchés et les documents qui expliquent comment ils ont été pris en compte. Pour des vêtements d'enfants, par exemple, l'évaluation doit considérer les risques liés aux cordons et aux éléments détachables. Une déclaration générale « conforme Europe » ne décrit pas cette analyse.

Quels tests demander pour votre tissu ? #

REACH est le règlement européen sur les substances chimiques.

Un document intitulé « certificat REACH » ne suffit pas à savoir ce qui a été vérifié. Lisez quelle référence, quelle matière, quel coloris et quelles substances ont été examinés. Le polo ci-dessous montre trois endroits à rapprocher de ce contenu.

Que couvre le rapport d’essai ?

Un polo est relié à trois détails : son bouton, son impression sur les fibres et son tissu sans impression.Voir en grand
Schéma d’un polo fictif. Les traits situent les parties à examiner. Le dessin ne donne aucun résultat d’essai.

Bouton. Ce bouton et sa finition sont-ils concernés par les vérifications retenues ? Si l’usine les remplace, demandez si cela change les contrôles nécessaires.

Impression. Le tissu testé portait-il déjà cette impression ? Si elle a été ajoutée après, faites examiner ce que l’encre change.

Tissu. La référence, le coloris et les traitements testés sont-ils ceux de la commande ? Un changement peut demander de revoir les résultats.

Un rapport portant sur le tissu ne couvre pas automatiquement les autres matières du vêtement. Demandez au laboratoire si les essais correspondent au produit que vous allez commander. Il n’est pas forcément nécessaire de tester chaque partie séparément : cela dépend des matières, des substances recherchées et de l’usage du vêtement.

Certaines limites concernent une partie précise, d’autres l’article. Les exemples de restrictions ci-dessous expliquent cette différence.

Trois restrictions à examiner avec le laboratoire

Les numéros ci-dessous permettent de retrouver les règles dans l'annexe XVII de REACH, le règlement européen sur les substances chimiques.

  • Certains colorants azoïques peuvent libérer des amines aromatiques visées par l'entrée 43. Le seuil de 30 mg/kg concerne ces amines libérées dans les articles ou parties teintes en contact direct et prolongé avec la peau ou la bouche. Il ne signifie pas que tous les colorants azoïques sont interdits.
  • Les nonylphénols éthoxylés, ou NPE, sont visés par l'entrée 46a dans les textiles normalement lavés à l'eau. Depuis février 2021, la mise sur le marché est interdite à partir de 0,01 % en poids dans l'article ou chacune de ses parties, sous les exceptions prévues par le texte.
  • Les substances CMR, pouvant provoquer des cancers, modifier le matériel génétique ou affecter la reproduction, relèvent de l'entrée 72 pour les produits concernés. Les limites dépendent des substances de l'appendice 12 ; il n'existe pas un seuil unique pour toutes.

Ce n'est pas une liste exhaustive. Le laboratoire doit recevoir la composition, les traitements, les accessoires, le public et l'usage. Pour une matière recyclée, un imprimé plastifié ou un traitement déperlant, qui fait glisser les gouttes d’eau sur le tissu, demandez explicitement ce qui change dans l'analyse. Une certification volontaire peut aider. Vérifiez à quelle entreprise elle a été délivrée, jusqu’à quand elle est valable et quels produits elle couvre. Elle ne remplace pas les obligations de l’importateur.

PFAS : une règle française actuelle, une échéance européenne proche

Les PFAS sont une famille de substances chimiques utilisées notamment dans certains traitements qui repoussent l'eau ou les taches. Depuis le 1er janvier 2026, la France interdit notamment la fabrication, l'importation et la mise sur le marché de vêtements, chaussures et imperméabilisants qui en contiennent. Des seuils résiduels et des exceptions déterminent l'application de cette interdiction.

Pour une nouvelle collection, faites vérifier le traitement du tissu dès sa sélection. Une attestation « sans PFOA » ne couvre qu'une substance et ne répond pas à toute la question des PFAS. Des exceptions concernent certains équipements de protection et certains textiles recyclés, sous conditions. Le délai d'écoulement des anciens stocks concerne les produits fabriqués avant le 1er janvier 2026, pendant douze mois au maximum.

PFAS en France : seuils et justificatifs à transmettre au laboratoire

Le décret fixe 25 ppb pour un PFAS ciblé hors polymères, 250 ppb pour leur somme et 50 ppm en incluant les polymères. Ces unités mesurent de très petites concentrations : ppb signifie partie par milliard ; ppm, partie par million.

L'exception recyclée exige au moins 20 % de matière issue de déchets après usage. Les PFAS doivent être limités à cette fraction ; la quantité résiduelle admissible lui est proportionnelle. Au-delà de 50 mg F/kg de fluor total, les autorités peuvent demander la preuve de sa provenance PFAS ou non-PFAS. Pour un stock ancien, gardez la preuve de fabrication, pas seulement la date de commande.

Dans l'Union, une restriction distincte sur le PFHxA, une substance de la famille PFAS, ses sels et substances apparentées s'appliquera le 10 octobre 2026 aux vêtements, accessoires et chaussures destinés au grand public. Le texte prévoit ses propres exceptions et le cas des articles déjà mis sur le marché avant cette date. Même si le produit bénéficie d’une exception en France, il doit respecter la règle européenne qui s’applique à lui. Pour une commande vendue après octobre, demandez au laboratoire de tenir compte de cette date avant la fabrication.

PFHxA : les limites européennes d'octobre 2026

Le règlement 2024/2462 vise une concentration égale ou supérieure à 25 ppb pour la somme du PFHxA et de ses sels, ou 1 000 ppb pour la somme des substances apparentées. La mesure porte sur un matériau homogène, c'est-à-dire de composition uniforme. Les exceptions sont précisées au paragraphe 3 de l'entrée 79 ; la dérogation pour les articles déjà mis sur le marché avant le 10 octobre 2026 figure au paragraphe 7.

Calculer ce que coûte chaque vêtement livré #

Le coût rendu est ce que vous coûte la commande jusqu’au lieu de livraison convenu. Il comprend le prix du fournisseur et les frais à ajouter pour la faire arriver.

Parmi ces frais, le droit de douane dépend du code attribué au produit. Le type de vêtement, la matière et la façon dont il est fabriqué servent à choisir ce code. Les deux exemples ci-dessous ne donnent pas le taux de toutes les matières textiles, de la lingerie ou du linge de maison.

Produit et codeDroit
T-shirt coton, hommes ou garçonnets
6109 10 00 10
12 %
Pantalon denim coton, hommes ou garçonnets
6203 42 31 00
12 %

Origine Chine, référence au 15 septembre 2026, base TARIC mise à jour le 14 septembre. Droit pays tiers pour une importation ordinaire ; les règles des envois de faible valeur et les régimes particuliers ne sont pas représentés dans ce tableau. Faites confirmer le code du produit réel, puis vérifiez les mesures à la date de dédouanement.

Ajoutez les postes absents du prix fournisseur : développement et échantillons, essais, inspections, étiquettes, transport, assurance, droits, dédouanement et livraison finale. Vérifiez qui paie chaque étape du trajet selon les trois lettres du devis, l'Incoterm, et le lieu de livraison nommé. La valeur en douane et le montant sur lequel la TVA est calculée ne correspondent pas nécessairement à la seule facture de l’usine.

En France, une taxe pour le développement des industries de l'habillement concerne les produits de la liste officielle. La Douane indique un taux de 0,0675 %, assis sur la valeur franco-frontière française, dû par le destinataire réel des biens. Demandez au déclarant de confirmer si votre code en relève.

Séparez aussi la TVA du coût économique : l'entreprise déclare elle-même la TVA à l'import sur sa déclaration de TVA : c'est l'autoliquidation. Elle est obligatoire et automatique pour les entreprises identifiées à la TVA en France, mais elle ne permet pas à elle seule de déduire cette TVA. Faites préciser votre situation comptable avant de traiter toute TVA comme récupérable ; le guide TVA à l'import détaille cette distinction.

Un même budget, moins de pièces à vendre

Prenons un exemple entièrement fictif : 1 000 pièces pour un coût rendu total de 9 600 €, hors TVA récupérable. Comparons un lot entièrement vendable à un lot dont 80 pièces sont définitivement écartées, sans remboursement ni autre récupération.

Tout le lot vendable80 pièces écartées
Coût du lot9 600 €9 600 €
Pièces à vendre1 000920
Division9 600 ÷ 1 0009 600 ÷ 920
Coût par pièce vendable9,60 €10,43 €
Exemple fictif, résultat arrondi au centime. Ce ne sont ni des prix de marché ni une prévision de défauts. Les frais de distribution et de publicité restent à ajouter.

Le fournisseur n'a pas augmenté son prix, mais chaque pièce vendable coûte davantage. Testez donc votre marge avec plusieurs hypothèses de retours, d'invendus et de remises. Le bon volume de commande dépend aussi de la répartition des ventes entre tailles et couleurs.

Préparer la mise en marché française

En France, les entreprises participent au financement de la collecte, du tri et du recyclage de certains produits qu’elles vendent. Ce système s’appelle la responsabilité élargie du producteur, ou REP. Sa filière textile couvre les vêtements, le linge de maison et les chaussures neufs destinés aux particuliers, dans les limites prévues pour cette filière.

Votre entreprise peut devoir payer cette contribution si elle importe ces produits ou les vend sous sa marque. C’est le rôle appelé « metteur en marché ». Les dons peuvent aussi être concernés.

Prévoyez l’adhésion à l’organisme agréé qui gère la filière, appelé éco-organisme, puis un numéro d’enregistrement, l’identifiant unique. Vous devrez suivre les quantités à déclarer par catégorie de produits. Le montant à payer dépend des produits et du barème applicable : ajoutez-le au budget de vente. Les emballages et les consignes de tri demandent une vérification séparée.

Enfin, un devis pour un maillot portant un logo ou un dessin protégé ne prouve pas le droit de le commercialiser. Obtenez une autorisation couvrant les droits concernés et votre marché ; la mention « réplique » du vendeur ne la remplace pas. Pour une marque propre, faites également clarifier les droits sur les dessins, impressions et éléments créés pour votre commande.

Avant l'acompte : rendre la commande vérifiable

Au moment de verser l’acompte, la question est simple : le fournisseur peut-il encore changer le tissu tout en respectant ce que vous avez écrit ? Si oui, votre description ne précise pas encore assez ce que vous achetez. Faites reprendre dans le devis la version du dossier et la référence de l’échantillon approuvé, avec les quantités par taille et couleur.

Si le tissu définitif n’a pas encore été essayé, demandez un nouvel échantillon avant de lancer toute la fabrication. Si vous ne connaissez pas le coût complet jusqu’à la livraison, demandez le prix du transport et du dédouanement pour votre commande emballée. Réglez ce qui manque avant de verser l’acompte.

Un point à éclaircir ?

Questions fréquentes

Quelle quantité minimale faut-il commander ?

Demandez le minimum pour chaque modèle, tissu et couleur, puis les tailles que vous pouvez mélanger dans la commande. Choisir un tissu en stock et faire teindre une couleur spéciale ne demandent pas forcément les mêmes quantités. Les étiquettes et les emballages peuvent aussi avoir leur propre minimum.

Peut-on commencer avec des vêtements déjà fabriqués ?

Oui. Faites vérifier le stock réellement disponible, avec les tailles et les couleurs, et demandez si vous pourrez commander à nouveau le même modèle. Acheter du stock ne supprime pas les obligations de l’importateur : les étiquettes, la sécurité et les documents doivent toujours correspondre aux vêtements vendus.

Le linge de maison suit-il les mêmes règles ?

Une partie des règles est commune, notamment pour la composition et certaines substances chimiques. Mais une couverture, un rideau et un t-shirt ne servent pas au même usage. Les essais, les codes douaniers, certaines dates d’application et les règles de recyclage peuvent donc différer.

L'auteur

Jean Perri

Co-fondateur, agent de sourcing & General Manager de Sino Shipping & Sourcing

Jean Perri, co-fondateur et General Manager de Sino Shipping & Sourcing. Arrivé à Shanghai en 2009, diplômé de Fudan, il accompagne les achats des entreprises francophones en Chine.

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Droit de douane

Un droit de douane est un impôt appliqué à une marchandise selon le tarif douanier. À l’importation dans l’Union européenne, son montant dépend notamment du produit, de son origine et des mesures applicables. Il peut se calculer sur la valeur ou sur une quantité. Il se distingue de la TVA et des frais facturés pour la déclaration.

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REACH

REACH est le règlement européen qui encadre les substances chimiques, y compris celles contenues dans des objets. Un vêtement, un meuble ou un bijou importé peut donc être concerné. Les obligations dépendent du produit et des substances présentes : respecter les restrictions, informer les clients et, dans certains cas, déclarer à l'ECHA.

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MOQ

Le MOQ, pour Minimum Order Quantity, est la quantité minimale qu’un fournisseur accepte de vendre ou de fabriquer. Ce minimum peut s’appliquer à toute la commande, à un modèle ou à chaque couleur. Avant de discuter le nombre, faites préciser ce qu’il couvre et dans quelle unité.

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